Klaus dans le métro, Klaus en cravate, Klaus au marathon, Klaus bronzé avec un chapeau de sombrero…Toujours là où l’on ne l’attend pas, le maire fraîchement réélu de Berlin est à l’image de sa ville. Protéïforme. A tout juste 53 ans, l’ex-gamin de Tempelhof (Berlin Ouest) assume sans complexe ses différences. Son homosexualité, affichée, sans le caractériser exclusivement, est par exemple clairement associée à son image.
En 2001, Klaus Wowereit, à l’époque inconnu au bataillon, redonne à son parti, le SPD, la mairie de Berlin, alors dominée par la droite depuis 30 ans. La situation financière de la ville est alarmante. Berlin est plombée par 60 milliards de dettes, résultant d’un scandale politico bancaire comme d’une réunification quelque peu euphorique. « Wowi », tel que le surnomment les berlinois, arrive au mauvais moment. Il fixe l’objectif : « ne pas laisser aux générations suivantes un trop lourd fardeau ». Le taux de chômage n’est pas brillant non plus : Il est passé de 17,9% en 2001 à 19% en 2006. Mais les berlinois ne semblent pas vouloir lui faire porter le chapeau (de sombrero) pour la triste situation économique de la ville. Klaus reste très populaire. Presque une mascotte !
Dans cette proximité réside son principal atout et son parti ne l’ignore pas. Le dernier clip de campagne du SPD « mein Berlin » dans lequel « Wowi » apparaît pas moins de 20 fois l’a plus que jamais rappelé. Après le succès de leur mascotte – et de son parti - aux élections régionales de Berlin, les fans de « Wowi » le voient déjà chancelier. De toute l’Allemagne. Mais il n’est pas certain que le « style Wowereit » plaise autant à Francfort et Munich qu’à Berlin.
Philippe Dialo