Ma-ia-hii, Ma-ia-huu : du soleil en décembre…
Chaque fin de printemps, nous y avons le droit. Alors que les bourgeons bourgeonnent sur les arbres de mai, nos oreilles, elles, bourdonnent. La raison ? Une chanson. Diffusée, redifusée par une coalition matraqueuse alliant radios, télévisions, et tout ce qui ressemble de près ou de loin à un media. Le « tube de l’été », selon l’expression consacrée, symbole ultime de la manipulation des goûts musicaux par « l’industrie » du disque. C’est avec des noms exotiques comme la Lambada, la Macarena ou la Socadance que la machine à tubes des grandes maisons de disques s’autoalimente. Et oui, musiciens et publicitaires font bon ménage, poussant toujours le bouchon marketing un peu plus loin. Une année, on est même parvenu à faire danser toute l’Europe pendant cinq mois sur de la techno bas de gamme roumaine. N’essayez pas de résister, c’est inutile. Si le Monsieur dans le poste vous dit que c’est le tube de l’été, il faut le croire. Ca fait des décennies que ce complot fonctionne à merveille.
Mais en cuisine, on remarque que la mayonnaise ne prend plus si facilement. Chez les grandes « Majors » du disque, c’est la panique, les ventes sont en baisse, et les campagnes de promo intensive n’y font rien. La faute à l’Internet – encore lui– et à ses utilisateurs qui, non contents de télécharger de la musique illégalement, commencent à y découvrir des artistes par eux même, grâce au « cyber téléphone arabe » (msn, skype, forums) ou à des sites comme Myspace (voir la Gazette n°6). Quelle ingratitude. Savent-ils seulement, ces maudits internautes, ce que coûtent trente secondes de publicité pour Christina Aguilera pendant la Star’ac ? Tout cela pour rien.
Enfin, pas si ingrats que ça, les petits jeunes. S’ils n’achètent plus de disques, les ados continuent de financer les Majors en achetant au prix fort des extraits de chansons pour leur téléphone portable.
Moralité : pas de moralité dans l’industrie de la musique.