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Berlin, 1975. Yves Le Rhun a vingt ans. Il a quitté sa Bretagne pour effectuer son service militaire à l’étranger, « pour voir du pays ». Trente ans plus tard, il vit toujours dans l’ancien quartier militaire français, à deux pas de l’aéroport de Tegel.

 

Il arrive sur sa moto, en retard, le sourire jusqu’aux oreilles : « Ah, c’est dur la vie d’artiste ! ». Dit bonjour à deux copains, commande une grande bière et regarde autour de lui. « Bienvenue au club de boules de l’avenue Jean Mermoz, Cité Guynemer ». Voyage dans le temps, direction les années 70. A l’époque, seuls les Alliés français habitaient ici, dans ce qu’on appelait le quartier Napoléon. Quand Yves arrive à Berlin, c’est pour intégrer un régiment de chasseurs, « on se baladait dans la ville sur nos chars, imaginez un peu, c’était quand même bizarre ! »

L’allemand, Yves l’a d’abord appris dans un dictionnaire un peu particulier, « le Kopfkissenwörterbuch », dit-il d’un air malicieux. Comprenez, grâce aux jolies Allemandes. Après cinq ans de service militaire, Yves ne parle pas couramment mais tombe amoureux d’une Berlinoise, sa future femme. « Alors j’ai tout vendu, la voiture, la chaîne hi-fi, et je me suis inscrit à l’Institut Goethe. Quatre mois de cours intensifs », explique-t-il avec fierté.

Début des années 80, Yves travaille pour le Gouvernement Militaire Français de Berlin (GMFB), dans la gestion du personnel. A l’évocation du statut propre aux Alliés, il fronce les sourcils. « Nous étions 2700 civils français, on vivait un peu comme des colons, dans notre petit monde à nous. On faisait nos courses dans les Economats », ces petits supermarchés français réservés aux Alliés.

Et le Mur ? « Ca faisait partie du contrat. On savait qu’il était là, qu’on était surveillés, c’est tout. Je n’y pensais vraiment pas». Sauf pour les vacances en amoureux. « Ma femme devait prendre l’avion pour me rejoindre à Helmstedt. On ne pouvait jamais voyager ensemble », soupire-t-il.

La chute du mur, Yves l’a vécue depuis une chambre d’hôpital de Bielefeld, en convalescence après une opération. « J’ai vu à la télé tous ces gens qui traversaient, c’était incroyable », se souvient-il. Se pose alors une question très personnelle : quid du statut de privilégié ? « Même si les Allemands voulaient se débarrasser un peu des Français, j’ai réussi à trouver un compromis et je suis resté », explique-t-il, énigmatique. Mais pour Yves, « l’Est, c’est toujours l’Est, je ne peux pas oublier tout ce qui s’est passé. Quand je vois tous ces touristes à Checkpoint Charlie... Je suis peut-être trop vieux. »

Longtemps administrateur financier de gros chantiers berlinois, Yves a changé de vie à 50 ans. Cuisinier à ses heures perdues, il gère aujourd’hui son propre restaurant, au bord du Tegelsee. « L’Allemagne, c’est meine zweite Heimat ! Même si l’air iodé des Côtes d’Armor me manquera toujours un peu… »

 

Sonia Gonzalez








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caluda /// Montag, 11-04-11 08:16

Bonjour,

J'ai vu votre article et peut-être pouvez-vous m'aider : j'ai travaillé comme employée de bureau au Groupement des Services, à l'époque de Pierre Brison, chef de service du personnel du Gouvernement Militaire Français de Berlin de 10970 à 1973. J'arrive à l'âge de la retraite et je souhaite faire valoir mes droits sur cette période. Je n'ai aucune information, malgré de maintes recherches, sur l'organisme responsable.
Je vous remercie par avance de bien vouloir me répondre, si cette situation vous parle.
Bien cordialement, Claude

 

caluda /// Montag, 11-04-11 08:13

bonjour,

J'ai travaillé au Groupement des Services de 1970 à 1973 comme employée de bureau à l'époque de Monsieur Pierre Brison, Chef de Service du personnel du Gouvernement Militaire Françis de Berlin. J'approche de la retraite et je souhaite faire valoir mes droits sur cette période. Je n'ai aucune information sur l'organisme à contacter malgré maintes recherches.Pourriez-vous m'aider ?
Avec mes remerciements,
bien cordialement, Caluda

 
 

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