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 Double champion du Monde, le jeune Sebastien Vettel déclenche l'enthousiasme chez les fans de décibels sur circuit (photo : PresidentBertho)
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Devenu double champion du monde le week-end dernier - à seulement 24 ans ! le pilote allemand de Red Bull ne compte pas relâcher la pression jusqu’au terme de la saison. Il a remporté ce dimanche 16 octobre, en Corée, son dixième Grand Prix de l’année. A long terme, certains imaginent maintenant le jeune prodige capable de surpasser Michael Schumacher, modèle absolu dans un pays où l'automobile et la vitesse restent plus qu'ailleurs une passion.

Il a bien grandi, l’adolescent de 17 ans photographié en train d’exhiber une casquette dédicacée par Michael Schumacher. Le 9 octobre, âgé de 24 ans, Sebastian Vettel a été sacré pour la deuxième année consécutive champion du Monde de Formule 1 (*). Avec déjà deux titres mondiaux et vingt succès en Grand Prix, le leader de l’écurie Red Bull vit une fulgurante ascension dans la catégorie reine du sport automobile. Il lui reste toutefois un brin de chemin avant d’égaler son légendaire compatriote Michael Schumacher (42 ans), septuple champion du monde et quatre-vingt-onze fois vainqueur d’un Grand Prix. En F1, l’homme qui faisait la pluie et le beau temps avec Ferrari à l’aube des années 2000 possède aujourd’hui encore le plus beau palmarès de tous les temps.

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 Sebastian Vettel avec sa jeunesse est indiscutablement l'ambassadeur idéal de la marque autrichienne de boisson énergisante Red Bull (photo : iragazzidiredbull)
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Vettel = Schumacher ?
Forcément, ces derniers jours, beaucoup d’observateurs y vont de leurs petites comparaisons entre les deux seuls Allemands champions du monde de Formule 1. Parmi les devins plongés dans leur boule de cristal, certains prophétisent à Vettel un règne digne de Schumacher. « Si on compare bien, on pourrait penser qu’avec sa jeunesse et son bilan Sebastian a des chances de vite gagner huit championnats du monde », lâche même le triple champion du monde autrichien Niki Lauda (1975, 1977, 1984), au micro de ServusTV. Question timing, la chose paraît en tout cas jouable : « Schumi » a été sacré pour la première fois à presque 26 ans. Or Vettel n’a que 24 ans et trois mois. A l’inverse de Niki Lauda, l’ancien pilote britannique David Coulthard perçoit les sept titres mondiaux de Michael Schumacher comme un Everest hors de portée. Parce qu’en une décennie les règles du jeu ont sensiblement évolué, comme il l’explique dans une récente interview au Telegraph : « Je ne vois pas Red Bull mettre tout le monde à genoux comme l'a fait Ferrari au début des années 2000. Les conditions étaient très différentes. Aujourd'hui, il n'y a pas d'essais privés durant la saison et tout le monde utilise le même manufacturier de pneus. De plus, Red Bull ne peut pas dépenser plus que ses adversaires. »

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 Sebastian Vettel pourrait un jour dépasser son compatriote le septuple chamion du Monde Michael Schuhmacher (photo : iragazzidiredbull)
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24 ans et déjà bardé de records
A la vérité, « Schumi » a placé la barre très haut. Si haut que le talentueux Sebastian Vettel préfère éviter les parallèles jugés déplacés. Pendant l'été 2010 le fan des Beatles expliquait humblement à la presse : « Tout ce que Schumacher a fait est assez phénoménal. La question n’est donc pas de savoir si un Allemand pourrait accomplir cela une nouvelle fois, mais si un pilote de F1 sera un jour capable de réaliser ce qu’il a fait. » Une déclaration empreinte de respect devant le modèle absolu, champion avec Benetton en 1994 et 1995, puis avec Ferrari entre 2000 et 2004.
Pourtant, depuis ses débuts en F1 il y a quatre ans, force est de constater que Sebastian Vettel trace sa route à vitesse grand V. Celui que la presse allemande surnomme « Baby Schumi » a battu presque tous les records de précocité. Plus jeune pilote à avoir inscrit un point (2007), à avoir été en pole position (2008), à être monté sur un podium (2008), à avoir gagné un GP (2008), à avoir été champion du monde (2010) et, depuis le 16 octobre, double champion du monde. En 2011, le sportif supersonique a surclassé la concurrence. Son bilan sur seize courses : douze départs en pole position et dix victoires en Grand Prix. Il a donc, sans surprise, pris définitivement le large au classement général (**).
Au point de conquérir le titre mondial dès le 15e GP de la saison, le week-end du 8-9 octobre au Japon, à quatre étapes de la fin. Vainqueur du GP de Corée dimanche 16 octobre- Red Bull devenant ainsi champion des constructeurs - Vettel aurait intérêt à truster les trois dernières étapes du championnat. S’il y parvient, il atteindra le record de courses gagnées en une saison. Score détenu par Michael Schumacher avec treize victoires sur dix-huit possibles en 2004. Parti à la retraite en 2006, « Schumi » a repris du service en 2010 et roule à présent pour Mercedes. Seulement 8e du classement actuel, il s’est déclaré « fier de voir comment Sebastian a progressé et, parfois, peut-être un peu fier d'être un exemple pour lui ».

En effet, Sebastian Vettel a toujours admiré l’ex-coureur de Ferrari. Il l’a d’ailleurs croisé plusieurs fois dans son enfance, en visite durant des compétitions. D’abord formé à l’école du karting, Vettel a été repéré par Red Bull à tout juste douze ans. En F1, l’ancien de BMW Sauber et Toro Rosso conduit depuis 2009 les surpuissantes monoplaces Red Bull, motorisées par Renault et pour l’instant clairement au-dessus du lot. Cependant, sous contrat avec le fabricant de boissons énergisantes jusqu’en 2014, il a d’ores et déjà confié son rêve d’intégrer un jour la prestigieuse Scuderia Ferrari. Scuderia sans laquelle Michael Schumacher ne serait pas Michael Schumacher.
Adrien Pécout
16.10.11
* Les neuf pilotes champions du monde de F1 deux années de suite
Alberto Ascari (ITA) : 1952, 1953
Juan Manuel Fangio (ARG) : 1954, 1955, 1956, 1957
Sir Jack Brabham (AUS) : 1959, 1960
Alain Prost (FRA) : 1985, 1986
Ayrton Senna (BRA) : 1990, 1991
Michael Schumacher (ALL) : 1994, 1995 et 2000, 2001, 2002, 2003, 2004
Mika Häkkinen (FIN) : 1998, 1999
Fernando Alonso (ESP) : 2005, 2006
Sebastian Vettel (ALL) : 2010, 2011
** Le classement actuel du championnat du monde 2011 de Formule 1
1. Sebastian Vettel (ALL), Red Bull-Renault, 349 points.
2. Jenson Button (BRI) McLaren-Mercedes, 222 points
3. Fernando Alonso (ESP), Ferrari, 212 points.
Les trois derniers GP du championnat du monde 2011 de Formule 1
30 octobre : Grand Prix d’Inde
13 novembre : Grand Prix d’Abou Dabi
27 novembre : Grand Prix du Brésil

Connue pour ses pistes cyclables, l’Allemagne a aussi une grande histoire avec les voitures. Non seulement elle abrite des fleurons de l’industrie mondiale (BMW, Daimler, Audi, Mercedes), présents en F1, mais elle représente le plus grand parc automobile d’Europe. Avec 42 millions de voitures – on en annonce huit millions de plus en 2030 – le pays dépasse la France (38 millions) et la Grande Bretagne (31 millions), il est vrai moins peuplées. 22% des voitures achetées dans l’Union européenne l’an dernier l’ont été par des Allemands, soit presque 3 millions. |

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 La voiture une passion allemande (photo : UB1)
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Problème : sur les 27 Etats membres de l’Union européenne, les Allemands ne pointent qu’à la 22e place en matière de lutte contre les gaz à effets de serre. La chancelière Merkel voudrait implanter sur le territoire un million de voitures non polluantes d’ici 2020, loin des 2 300 voitures électriques et 37 000 hybrides qui roulent en 2011. La thématique écologique a été reprise au Salon de l’automobile, qui a réuni en septembre 900 000 visiteurs à Francfort, même si des associations dénoncent souvent le « greenwashing » des constructeurs, c’est-à-dire l’instrumentalisation de l’écologie à des fins commerciales. A.P.

En Allemagne, nul besoin de s’appeler Sebastian Vettel pour mettre le turbo. Particularité nationale, environ 50% des autoroutes n’ont aucune limitation de vitesse. Sur un réseau de 12 800 kilomètres, c’est beaucoup... Faut-il en finir avec ce système ? Comme Die Linke et Die Grünen, les sociaux-démocrates (SPD) ont relancé le débat en 2007. En vue : fixer un seuil de 130 km/h sur les autoroutes du pays, projet auquel s’était opposée la chancelière Merkel (CDU). Pour justifier les limitations, les arguments récurrents concernent les accidents de la route et surtout, de plus en plus, le besoin de restreindre l’émission de gaz à effet de serre. |

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 100kmh de limitation de vitesse hors aglomération : un record en Europe. Par ailleurs le panneau rectangulaire bleu avec 130 inscrit en blanc n'a pas d'équivalent chez les voisins de la République fédérale, et pour cause : il ne s'agit que d'une vitesse indicative
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Dirigée par le SPD et les Verts, la ville-Etat de Brême a été le premier « Land » à instaurer en avril 2008 une limitation sur ses autoroutes : 120 km/h maximum. Elu à la tête du Bade-Wurtemberg en mars 2011, l’écologiste Winfried Kretschmann a lui aussi souhaité en faire de même dans ce riche land où siègent plusieurs constructeurs de grosses cylindrées (Daimler, Mercedes, Porsche), hostiles à cette politique. En général, deux structures fédèrent les opposants aux limitations de vitesse : l’influente ADAC (Allgemeiner Deutscher Automobil-Club), comptant 17 millions de membres, et la VDA (Verband der Automobilindustrie), ambassadrice de l’industrie automobile. A.P.