Voici un roman que l’on quitte à regret – et que l’on referme pourtant de temps en temps pour ne pas le lire trop vite. Cadette d’une famille d’artistes de cirque ayant fui la dictature roumaine, la petite narratrice parle et parle, raconte sa mère suspendue par les cheveux au chapiteau, son père féru de cinéma qui colle leur photo sur l’écran de télévision pour faire croire à la famille restée au pays qu’ils passent à la télé, sa demi-sœur à moitié folle parce que « son père l’aime comme une femme », et ce Dieu qui a toujours très faim et à qui elle fait boire sa limonade à la paille. Ce roman poétique, drôle, absurde, mélancolique et tragique est une œuvre rare où chaque phrase ressemble à un aphorisme. C.R.
Veteranyi Aglaja, Pourquoi l’enfant cuisait dans la polenta, l’Esprit des Péninsules, 2004