

De Berlin, Nicolas ne connaissait que les feux d’artifices tirés sur la neige un soir de Saint-Sylvestre 2005. Fraîchement installé dans capitale allemande depuis la mi-octobre, ce grand brun de 29 ans n’a pas encore eu beaucoup de temps pour visiter la ville. Et pour cause, le jeune homme travaille d’arrache-pied sur son diplôme d’architecte. Son objet d’études : les nouvelles frontières de l’Europe. Avec beaucoup d’humour, une pointe de réflexion philosophique et l’œil d’un spécialiste, Nicolas nous livre ses premières réflexions sur son nouveau cadre de vie.
« J’ai toujours eu envie d’habiter ici : c’est une ville assez fantasmagorique ! ». Comme beaucoup, Nicolas savoure le luxe d’une capitale au niveau de vie unique. Mais pour l’étudiant français, Berlin ne se résume pas à ses loyers peu chers et bières à bas prix. Il sort un carnet en moleskine de son sac, rempli de croquis : « C’est en cohérence avec mon diplôme. J’étudie notamment les frontières de l’Allemagne avec la Pologne, la République tchèque… » Un sujet pour lequel lui et son partenaire de projet ont exploré pendant plus de deux mois de nombreuses villes frontalières. « Plusieurs villes à la frontière polonaise ont des histoires passionnantes. La frontière a été redessinée en 45 et certaines villes allemandes se sont retrouvées côté polonais. Berlin est justement l’expression la plus extrême de ce que peut être une séparation, l’impact d’un choix politique sur le visage de la ville. » La destruction du Palast der Republik le fait d’ailleurs bondir. « Je trouve cela sordide et effrayant. Vouloir le détruire pour y construire un château n’a pas de sens. Cela donne à réfléchir…Ce n’est pas éloigné de notre projet, dans son rapport à l’histoire récente : au cours de notre voyage on a retrouvé dans pas mal de villes cette espèce de justification historique un peu douteuse, comme c’est le cas pour ce château ».
Si Nicolas a choisi Berlin plutôt qu’une autre ville allemande, ce n’est pas que pour son intérêt architectural mais aussi par amour. Le train de nuit qui relie les capitales allemandes et autrichiennes risque de connaître un passager régulier. « Ma copine vit en Autriche. J’ai passé un an et demi à Graz, en Erasmus puis en stage…et je n’y retournerai sûrement pas, ce n’est pas une ville bien excitante ! », sourit-il. L’allemand, ce Bordelais d’origine l’a donc appris en terre autrichienne. « J’ai un accent pas très catholique, mélange de français, d’autrichien et d’allemand ! Mais au moins je comprends tout ce qu’on me dit…il faut bien que je comprenne ma copine quand même ! La barrière de la langue peut être un obstacle au début, j’avais l’impression d’être diminué». On n’en doute pas : le jeune homme a le débit rapide et manie habilement l’humour pince-sans-rire.
De son expérience autrichienne, Nicolas a retiré quelques leçons utiles pour sa nouvelle vie « d’expatrié » : « Là-bas j’ai vécu le côté amnésique de ces petits endroits où tout va bien ; j’avais peur de perdre pied dans une réalité qui n’était pas la mienne. Quand tu es à l’étranger, c’est important de savoir quoi y faire, sinon, tu es dans une réalité différente. » Entre son diplôme à finir, les cours de piano qu’il envisage et son envie de monter un groupe pour ne plus composer seul dans sa chambre... Voilà un risque qu’il ne court pas à Berlin.
Sonia Gonzalez
resultats entre 1 et 1 de 1
pourrais tu me donner des conseils sur des boites francaises sur berlin qui embauche des gens de france ou dans l 'hotellerie car je reve d habiter berlin 06 6 8 6 7 28 11