"Le Triangle de Weimar": ménage à trois?

Alors que les relations entre Varsovie, Berlin et Bruxelles font des étincelles, le « Triangle de Weimar » se cherche.
« Le Triangle de Weimar", c’est la tentative de coopération de trois grands pays européens après les bouleversements de 90, après le renversement des dirigeants communistes en Pologne, après l’unité allemande », explique Henri Ménudier. Pour le professeur de sciences politiques de Paris III, ces premiers pas vers l’unification de la grande Europe s’expliquent par la volonté de la France et de l’Allemagne d’aider la Pologne à rejoindre l’OTAN comme l’UE. Maintenant que ces buts ont été respectivement atteints en 1999 et 2004, le Triangle de Weimar doit se profiler comme une cellule de concertation.
Pour son collègue, le professeur Klaus-Heinrich Standke, c’est l’implication de la société civile qui est primordiale. « En 1998 nous avons décidé, entre intellectuels des trois pays, d’assurer bénévolement la mise en réseau des acteurs du Triangle de Weimar. » Dans un français parfait, le Président du comité de soutien de la coopération franco-germano-polonaise (1) invite à multiplier les expériences pour connaître l’Europe d’aujourd’hui : « Il n’y a rien de mieux que les rencontres personnelles pour déclencher des vocations internationales ! »
Même démarche du côté de la Fondation Genshagen (2) qui, depuis huit ans, propose des programmes aux jeunes des trois pays. « Nous voulons encourager la société civile à la coopération, car les grandes idées, c’est bien beau, mais encore faut-il les réaliser! », déclare Dieter Rehwinkel, directeur de la Fondation. La peur de voir le Triangle de Weimar s’éteindre avec l’intégration de la Pologne à l’UE le fait sourire : « Au contraire, tout est plus simple ! Il s’agit maintenant d’organiser des projets entre trois pays européens : plus facile de se déplacer et de trouver des fonds. »

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Et il s’en passe des choses, dans le franco-germano-polonais ! En témoigne l’association Deltoidea (3) récemment mise sur pied à Berlin par le jeune Français Ludovic Fresse. « Le Triangle de Weimar, j’en ai entendu parlé assez tard. Mais les considérations croisées entre l’Allemagne, la France et la Pologne me passionnent, c’est un vrai laboratoire entre cultures germaniques, slaves et latines, entre héritage de l’Est et de l’Ouest. Alors si ce Triangle là marche, L’UE va marcher ! » La relève semble assurée.
Charlotte Noblet
(1) www.weimarer-dreieck.com
(2) www.stiftung-genshagen.de
(3) www.deltoidea.eu