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Garagiste français à Berlin

imprimer   18.05.2013 
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En septembre, Berlin a touché une aide financière de l´état de 200 millions d´euros pour l´assainissement du Staatsoper. Un mois plus tard, le budget destiné à assurer la sécurité des quartiers touristiques a été propulsé de 38 à 60 millions d´euros. Une grande première dans l´histoire des subventions accordées à la ville ? Pas du tout.

 

 

Depuis sa nouvelle fonction de capitale de la République Fédérale allemande en 1991, la ville a su convaincre l´Etat de lui attribuer des subventions colossales. Dans une situation financière pourtant catastrophique, la capitale a le goût du luxe et l´art de trouver les soutiens nécessaires au financement de ses 150 théâtres, ses 300 galeries, ses 180 musées et ses cinq opéras, dont trois ont un répertoire similaire. Le dynamisme culturel de Berlin, qui force l´admiration de toute l´Europe, fruit entre autres d´une politique de subventions et d´investissements efficace, est financé par toute l´Allemagne.

 

 

Depuis 1994, l´Etat fédéral a fait de la promotion de Berlin au rang de capitale culturelle européenne l´une des ses priorités. Pour le ministre de la culture de Bavière, Thomas Goppel, il faut fixer une limite à ces investissements. En tant que capitale, Berlin a un certain nombre d´obligations qui légitiment une aide financière particulière de l´Etat. Mais "si la prise en charge du développement culturel berlinois par les 16 autres Länder est excessive, elle devient alors anticonstitutionnelle et non conforme aux principes du fédéralisme allemand".

 

 

Entre 1995 et 2000, le soutien financier accordé par l´Etat à Berlin a été évalué à plus de 428 millions de marks (214 millions d´euros). Ce système d´aide financière globale a suscité à l´époque un certain nombre de doutes. Le Land de Berlin, surendetté, a utilisé une partie des fonds a priori exclusivement destinés à la culture au soulagement de son déficit budgétaire, sans l´accord du gouvernement fédéral. L´Etat ne renonce pas, il révise sa stratégie. En 1999, il fonde le Hauptstadtkulturfonds, une institution étatique chargée de répartir 10 millions d´euros par an dans des projets culturels innovants développés à Berlin. 

 

Pour maximaliser l´efficacité de l´effort financier consacré à la ville, l´Etat décide en 2000 de concentrer son aide financière sur des projets précis. 40 millions d´euros sont alors investis dans sept institutions culturelles phares de la capitale. En 2001, l´Etat verse 23 millions d´euros au Judisches Museum, au Berliner Festspiel[1], à la Haus der Kultur der Welt et au Martin Gropius Bau. Le flot de subventions ne tarit pas : 22,4 millions d´euros sont consacrés chaque année jusqu´en 2004 à la Fondation du Patrimoine Culturel Prussien. Cet investissement propulse le Museum Ensemble et la Staatsbibliothek de Mitte au rang d´institutions allemandes majeures, aux côtés de la Museum Insel[2], classée patrimoine culturel mondial par l´UNESCO en 1999.

 

 

Lorsque l´Etat annonce la création d´un plan visant à promouvoir la culture des nouveaux Länder, on ne s´attend pas à ce que Berlin fasse partie du programme. Et pourtant, en 2002, 12,8 millions d´euros sont alors investis dans toutes sortes de fondations berlinoises : l´Académie des Arts, les châteaux et jardins de Berlin-Brandenburg, ou la Cinémathèque allemande... Mauvaise nouvelle pour les contribuables allemands, même si une restriction du budget accordé à Berlin d´ici 2010 a été annoncée, la ville est encore en chantier et les artistes qui affluent vers la capitale foisonnent d´idées coûteuses.

 

 

Tiphaine Rivière

 

 

[1] Le Berliner Festspiel organise un certain nombre de festivals à Berlin, dont la célèbre Berlinale.

[2] L´île aux musées est le nom de la moitié nord de l´île Spreeinsel. On y trouve cinq musées :le Bode Museum, le Pergamon, l´Altesmuseum, le Neues Museum, et la Alte Nationalgalerie, ainsi que le dôme de Berlin et le Lustgarten.

 

 

Cliquez ici pour consulter l'article La contrpartie des subventions

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