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Ce sac rempli de substances dopantes a été découvert pendant les
Championnats du Monde d´athlétisme à Göteborg en août 2006


Alors que les affaires de dopage ébranlent de nouveau le monde du sport, les fédérations semblent décidées à prendre les devants.

 

 

Les instances piquées au vif

 

« Record sans garantie ! » Ce n’est qu’une petite phrase anodine, apposée au pied des tableaux des records de la fédération allemande de natation. Même si elle ne renvoie qu’à une question de précision, impossible de ne pas penser à la validité de ces records. Le dopage étatisé en ex-Allemagne de l’Est dans les années 80 ne fait plus aucun doute. Les athlètes autrefois confinés au silence ont depuis pris la parole. Petra Schneider, championne olympique du 400 m 4 nages à Moscou en 1980, bataille pour gommer ses temps. « Mon record a été influencé par le dopage», affirme la nageuse toujours détentrice du record d’Allemagne sur 400 m 4 nages.

Les fédérations peinent à faire le ménage. En mars, après avoir longtemps débattu, sous la pression de l’athlète Ines Geipel, la « fédé » allemande d’athlétisme s’est contentée de cacher sous une étoile le nom de l’athlète recordwoman nationale du relais 4x100 m. L’instance avait pourtant envisagé de remettre ses compteurs à zéro. Comme celles de l’athlétisme, les tablettes de la natation sont saturées de temps de référence datant des années 1980. Alors que les deux derniers records d’Europe est-allemands ont disparu (victimes de Laure Manaudou sur 800 m et du relais germanique sur 4x200 m), le nouveau directeur technique national (DTN) allemand Orjan Madsen veut tirer un trait sur le passé. Au début du mois d’août, il a invité sa fédération à adresser un courrier aux instances internationales sportives ainsi qu’à l’Agence mondiale antidopage. En cause, les contrôles trop inefficaces en natation. Orjan Madsen et son président proposent des tests inopinés, urinaires et sanguins plus fréquents, lors des périodes de préparation où les athlètes ont garde basse.

 

 

Cache-cache

 

Il est bien étonnant qu’un sport comme la natation, soumis à d’énormes charges de travail, soit épargné par le dopage. N’y aurait-il que le cyclisme pour avoir des Floyd Landis, démis de sa victoire au Tour de France, et l’athlétisme des Justlin Gatlin, privé de record du monde du 100 m ? Orjan Madsen veut en tout cas prouver « que les nageurs allemands sont clean ». Dans une lettre interne adressée à ses athlètes, il déplorait cependant le nombre trop grand de « no show » (terme employé lorsqu’un sportif ne se soumet pas à un contrôle) de ses athlètes. Faisant écho au DTN allemand, le président de la fédération française d’athlétisme s’inquiète également de ces parties de cache-cache auxquels se livrent sportifs et médecins. Alors que la fédération internationale d’athlétisme recensait récemment 166 cas d’athlètes ayant séché les contrôles en 2006, Bernard Amsallem stigmatisait dans les colonnes de l’Humanité « les stages à l’étranger, dans des pays lointains, des athlètes qu’on cherche à joindre mais dont le portable a brusquement changé de propriétaire ». Dans la foulée, il affirmait vouloir augmenter le nombre de suivis par an et son intention de « lever le sacro-saint secret médical ».

Les fédérations sportives ont donc choisi de prendre les devants, craignant vraisemblablement l’émergence des scandales que vit le cyclisme depuis quelques années. Ébranlée par le séisme Ulrich, la fédération cycliste allemande a réagi, bien encouragée par le tout puissant média télévisuel. ARD envisageait de ne plus retransmettre le Tour de France. Jusqu’à présent la petite reine n’a fait qu’essuyer les pots cassés, courant après les affaires. Début août, elle semble enfin avoir pris les devants en annonçant la mise en place dès le 1er septembre d’un plan antidopage beaucoup plus sévère. Désormais, finies les remontrances en cas d’absence aux contrôles inopinés. La suspension menace. La fréquence des contrôles pendant les périodes d’entraînement sera doublée. Les urines et le sang seront systématiquement surveillés avec la mise en place d’un profil sanguin et ADN, les contrôles seront étendus aux coureurs de moins de 15 ans… Et pour financer toutes ces mesures, les équipes cyclistes allemandes devront verser leur obole. Jusqu’alors, seule T-Mobile offrait chaque année 50 000 euros à l’agence nationale antidopage.

Aujourd’hui, chaque performance est entachée de soupçon. Les fédérations voudraient au moins redorer l’image de leurs sportifs. Pourvu qu’il ne soit pas trop tard.

 

Julien Bels








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