En janvier 2005, quand Klaus Kleinfeld devient PDG de Siemens, la branche portable du géant industriel était déjà mal en point. Mauvaises décisions, introduction trop tardive des innovations, la restructuration de la branche portable aurait pu lui coûter jusqu´à 4 milliards d´euros. Cinq mois plus tard, l´activité est cédée dans la précipitation au Taïwanais BenQ. Le repreneur obtient le droit d´utiliser la marque Siemens durant cinq ans, mais en ne s´engageant sur le maintien de l´emploi que… sur un an. En prime : 413 millions d´euros de Siemens, en dotation de reprise.
Le 29 septembre dernier, BenQ Mobile GmbH se déclare en faillite. Les 1 400 emplois du siège munichois et les 1 600 des sites de Bocholt et de Kamp-Lintfort, en Rhénanie du Nord-Westphalie, sont menacés. « Nous avons jusqu’à la fin de l’année pour nous refaire une santé et séduire les investisseurs », déclare Susanne Hahlweg, la présidente du comité d’entreprise, « et ça ne pourra se faire qu´au détriment des employés ».
Cependant, trouver un investisseur ne résoudrait pas tous les problèmes : la maison mère de BenQ entend à l’avenir fabriquer ses téléphones en Chine, toujours sous la marque BenQ-Siemens.
De son côté, Werner Neugebauer, chef d’IG-Metall en Bavière, se demande pourtant s’il existe encore une chance de poursuivre la production au delà du 1er janvier 2007 : « Il faut étudier au plus vite les contrats de vente passés en 2005 entre Siemens et BenQ pour savoir si Taiwan a mainmise sur les brevets. » Comme le redoutaient les syndicats comme IG-Metall en 2005, la reprise de la marque prime sur le maintien des emplois.
La Chancelière elle-même a estimé que le problème était de nature à « ébranler la confiance en l´économie sociale de marché ». En attendant qu´un fond d’indemnités de 35 millions d’euros (5 millions venant des managers ayant renoncé à leur augmentation de 30%) soit débloqué, les salariés se retrouvent dans l’impasse.
Charlotte Noblet, Régis Présent-Griot