« La dompteuse d’éléphants » (Berliner Zeitung), « la révolutionnaire en jupe plissée » ou « Ségolène Superstar » (Die Welt) : entre Hannibal et la vierge Marie, Ségolène Royal fait les titres de la presse allemande.
Pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, les socialistes ont décidé, 12 ans après avoir été chassés de l’Elysée, de lancer leur « Madone des sondages » à la reconquête du palais.
Selon la Süddeutsche Zeitung, la Webcandidate Royal a su se démarquer grâce à une utilisation stratégique du média Internet. Elle en a appelé sur son site à « l’expertise» et à l’« intelligence des français » et ainsi donné à beaucoup le sentiment d’être écoutés et pris au sérieux.
Burkhard Birke rappelle sur les ondes de Deutschlandfunk que Royal appartient elle aussi à la « clique des énarques », qui, depuis des années, décident du destin de la France, tandis que la Frankfurter Rundschau se demande comment elle a réussi, malgré la « charge » de ses trois mandats ministériels, à s’imposer comme la véritable candidate du renouveau et ainsi marcher sur les plates-bandes de Nicolas Sarkozy dont le credo est depuis quelques mois « la rupture ».
Sarkozy voulait Royal. Il l’a eue, souligne die Tageszeitung qui prédit au président de l’UMP une adversaire très gênante, car complètement imprévisible. Pour Rudolf Balmer, les socialistes ont eux aussi fait le choix, avec Ségolène Royal, d'une expédition politique dans l’inconnu. Avec pour seule garantie sa féminité. Et là, pas de doute, ça fera au moins une différence avec ses prédécesseurs.
M.V.
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