imprimer   24.05.2012 
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Dans la salle de repos de la Kita Prenzlpanther, à Prenzlauer Berg, c’est l’heure du cercle du matin, le Morgenkreis. Pendant un quart d’heure, Sebastian et Elly, les deux éducateurs, réunissent les enfants pour un « moment de concentration ». Sebastian prend sa guitare et entonne avec les enfants la chanson du matin. Puis les enfants courent dans une ronde folle, le Kreisspiel qu’ils ont eux-mêmes choisi. Fin du Morgenkreis. A côté de la fenêtre, deux enfants observent sagement leurs camarades, sans prendre part au jeu : « Je veux pas le faire, je sais pas marcher si vite », explique Aron, quatre ans. S’adapter aux envies et besoins de l’enfant, telle est l’orientation pédagogique de cette Kita. On appelle ça, « Situationsanzatz ». Un concept parmi une dizaine d’autres (Montessori, Waldorf, bilinguisme, etc…)

 

S’il est un aspect de la vie quotidienne allemande particulièrement dépaysant pour un Français, c’est bien celui de la scolarisation, soit ici, la prise en charge, des moins de six ans. En France, après la crèche, la maternelle marque le début de l’éveil pédagogique. Pour les petits Allemands, l’école commence à 6 ans. Jusque là, l’enfant est roi dans sa Kita.

 

A l’origine du choc culturel, deux conceptions radicalement différentes. En Allemagne, le temps de l’enfance est sacré. Epanouissement, liberté, prépondérante place du jeu, bref, un seul maître mot : l’enfant doit pouvoir se développer à son rythme. Pour les éducateurs français, rien à voir avec les journées de maternelle et leurs objectifs pédagogiques précis. Iris, institutrice dans une Kita franco-allemande de Berlin se souvient : « Au début, certains parents mettaient le holà ; ils ne voulaient pas qu’on oblige leur fille à travailler par exemple ». « J’ai appris à être moins directif», renchérit Ibrahima Din, éducateur d’origine malienne. Sandra a scolarisé son premier enfant dans la Kita de son quartier. Sans grande satisfaction. « Pour un Français, cette façon de sous-estimer les enfants est insupportable ! Les petits aiment suivre les adultes et être encouragés. Certes en France, ils sont trop guidés, mais là ils sont trop laissés en liberté ! »

 

A Munich, Sabine, maman française de 30 ans, a choisi d’inscrire son fils dans une Kita allemande. « C’est une petite école axée sur l’orientation et l’éveil des enfants à la nature. On était assez sceptiques au départ mais on sait que son grand frère va le tirer vers le haut. En fait, le vrai problème, c’est qu’il n’y a aucune chance d’inscrire son enfant si l’un des deux parents ne travaille pas ». L’attribution des heures de garderie peut vite tourner au casse-tête : si les parents travaillent à plein temps, ils bénéficient de sept à neuf heures de Kitas par jour. Si l’un des deux parents est au chômage, quatre à cinq heures, le matin.

 

Les résultats de l’étude PISA ont pointé du doigt les lacunes du système allemand, prélude à un cortège de réformes. Introduit à Berlin à la rentrée 2006, le « Sprachlerntagebuch », livre témoin des progrès de l’enfant tout au long de ses années Kita, en est l’exemple le plus récent.

 

Sonia Gonzalez

 

 

Voir aussi :

 
>>>Quand la Kita rencontre la maternelle...

>>>Dans la jungle des pédagogies parallèles

>>>Microtrottoir

>>>Une politique familiale à l'abandon

>>>Du Nord au Sud et d’Est en Ouest...

>>>Des enfants en Kitas avec Hartz IV, mission impossible ?








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