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Aux quatre coins de l’Allemagne, la gestion des moins de six ans diverge en fonction de l’héritage historique et des conflits idéologiques.

 

 

 

A l’Ouest, la famille est la cellule centrale de l’éducation

« A Munich, quand je cherchais une nourrice pour mon bébé pour pouvoir continuer mes études, je passais pour une extraterrestre ! » raconte Alexandra, étudiante. Pendant longtemps dans les Länders de l’Ouest, envoyer son enfant au Kindergarten était parfois quasiment associé à une forme de désertion parentale. Même si le Nord de l’Allemagne est traditionnellement moins conservateur, la politique ouest-allemande a fait de la famille une véritable institution. Dans cette optique, l’enfant ne pouvait s’épanouir pleinement qu’autour de sa mère. L’enrôlement des enfants par l’Etat nazi d’une part, et la hantise de l’éducation collective ‘à la RDA’ d’autre part : autant de repoussoirs pour l’idéal ouest-allemand. A l'Ouest, la part des Kindergarten sous la tutelle des pouvoirs organisateurs privés d’aide à l’enfance et à la jeunesse (principalement des Eglises et des associations d’aide sociale, mais aussi des associations et des unions de parents) représente environ 60% et celle des Kindergarten publics (communes, arrondissements ou villes) est d’environ 40%. Un rapport que l’on retrouve symétriquement inversé dans les anciens Länder de l’Est, où les Kindergarten privés ne représentent aujourd’hui encore que 20%.

 

 

 

A l'Est, l'héritage communiste est encore sensible

En effet, en RDA, la principale préoccupation du régime était de concilier maternité et emploi. C’est pourquoi il y existait, comme en France, de nombreuses garderies gratuites. Grâce à une politique volontariste de natalité – surtout destinée à compenser les effets démographiques des exodes massifs, le maillage de Kindergarten gratuits, dont une moitié à disparu à la réunification, était très dense et bien organisé. Une contrepartie, pourtant : la propagande communiste. Originaire de Dresde, Anne se souvient : « Teddy, - Ernst Thälmann, leader communiste des années 20 -, ou Lénine étaient les vrais héros de notre enfance! La politique nous était racontée comme un conte de fée».

Difficile de trouver une unité dans un pays où les souvenirs d’enfance peuvent diverger autant!

 

P.F. Enriquez-Sarano et M.D.

 

 

Voir aussi :

 
>>>En quête de Kita

>>>Quand la Kita rencontre la maternelle...

>>>Dans la jungle des pédagogies parallèles

>>>Microtrottoir

>>>Une politique familiale à l'abandon

>>>Des enfants en Kitas avec Hartz IV, mission impossible ?

 








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