imprimer   13.02.2012 
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« Gammelfleisch, Ekelfleisch » - Viande de volaille périmée depuis trois ans, viande hachée plusieurs fois congelée et décongelée à la couleur verdâtre et à l’odeur douteuse : plus de 1500 tonnes de viande pourrie ont été découvertes dans les entrepôts frigorifiques allemands. Que se passe-t-il donc au pays de la charcutaille ?

 

Les steaks se périment dans les congélateurs : apparemment, les Allemands ne seraient donc pas de gros mangeurs de viande. Ou plutôt, à en croire les offres spéciales permanentes des Currywurst Buden, Asia-Shops ou Döner Imbisse, ils seraient plutôt accros de la viande à petit prix. Ces habitudes de consommation auraient-elles incité les marchands de viande comme les restaurateurs à développer des pratiques criminelles pour proposer de la viande à bas prix ? Toujours est-il que plusieurs commerçants n’ont pas hésité à récupérer de la viande périmée qui, une fois recolorée, présentée sous vide ou marinée, ne se fait remarquer ni dans les rayons ni dans les assiettes.

 

Fin 2005, plusieurs entrepôts de viande pourrie ont été décelés en Allemagne lors de contrôles alimentaires de routine. Le gouvernement allemand avait alors invité les régions à intensifier les contrôles. Résultat, les découvertes se sont multipliées. Depuis la trouvaille, fin août, de quelque 100 tonnes de viande avariée dans des commerces de gros en Bavière, on parle de véritable « scandale alimentaire ». Et lorsque le trafic d’un commerçant de viande de Basse-Saxe, est mis à jour, début septembre, l’état de panique générale n’est pas loin. L’homme de 46 ans, récidiviste, aurait vendu huit tonnes de viande pourrie dans six Länder différents et, fait nouveau, aurait approvisionné cantines d’universités, maisons de retraite et hôpitaux.

 

Les associations de protection de consommateurs montent au créneau. Les 1 500 tonnes jusqu’à présent détectées ne seraient que « la partie émergente de l’iceberg » : l’association fédérale d’économie alimentaire allemande (1) reproche notamment à l’Etat de ne pas exercer comme il faut son devoir de surveillance sur les flux de marchandises. Elle demande le doublement du nombre de contrôleurs alimentaires ainsi qu’une augmentation des peines encourues pour qui enfreint le Code des produits alimentaires (2). Actuellement, 3 ans de prison ferme ou une amende de 10 000 euros sont requis - jusqu’à 5 ans et 20 000 euros dans les cas les plus graves.

 

Le ministre allemand de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Protection des Consommateurs, Horst Seehofer (CSU), pense que les 2 500 contrôleurs et les mesures punitives déjà existantes suffiraient s’ils étaient sollicités à 100%. La seule innovation éventuellement nécessaire serait la communication publique du nom des entreprises impliquées. Le ministre bavarois de la Protection des Consommateurs précise à ce titre que les restaurateurs acheteurs de viande avariée ne doivent pas être épargnés : « c’est la meilleure manière d’enclencher un lavage automatique dans la branche. » Werner Schnappauf (CSU) délègue également plus de compétences aux contrôleurs, les autorisant par exemple à mener des enquêtes de leur propre initiative. Le concept séduirait, semble-t-il, le ministre fédéral qui préfère que les manquements à la loi soient découverts via des contrôles publics plutôt que des délations anonymes. La demande du syndicat alimentation, consommation, gastronomie (3) d’une protection de l’employé signalant une anomalie n’aurait en revanche guère trouvé d’écho.

 

De même, l’exigence d’un système de contrôle soumis à une rotation du personnel pour éviter tout copinage entre contrôleurs et entrepreneurs reste pour l’instant sans réponse. Il faut dire qu'en dépendant des Länder, les instances de contrôle ne s’y prêtent guère. Selon l’organisation de consommateurs Footwatch, les compétences principales doivent revenir à l’Etat fédéral. Cela permettrait d’une part de faire intervenir une troupe de contrôleurs mobile à l’échelle du pays, et d’autre part de surveiller les produits alimentaires sans penser au rôle des entreprises agro-alimentaires dans l’économie locale.

 

Pour le président de Footwatch, Thilo Bode, le conflit d’intérêts entre l’industrie agro-alimentaire et le consommateur ne fait que commencer et la loi d’information du consommateur (4), adoptée par le Bundesrat le 22 septembre dernier, est loin d’être satisfaisante. Au mieux le consommateur aura accès à des informations telles que l’origine de la viande, la date de l’abattage de la bête, etc. « Mais ceci bien après avoir digéré le steak acheté il y a trois ans chez le boucher du coin ».

 

Charlotte Noblet

 

 

(1) Bundesvereinigung der deutschen Ernährungswirtschaft

(2) Lebens- und Futtermittelgesetzbuch

(3) Gewerkschaft Nahrung-Genuss-Gaststätten

(4) Verbraucherinformationsgesetz








resultats entre 1 et 2 de 2
 

Ronald Mc Donald /// Tuesday, 03-10-06 15:28

Le problème avec certains végétariens, c'est leur totalitarisme: ca ne leur suffit pas de ne pas manger de viande, ils faut que les autres fassent de meme. ca rappelle les islamistes, les fascistes ou les nazis...

 

vegan /// Saturday, 30-09-06 00:28

y a qu'à être végétarien!

on se demande ce qu'il faudra pour vous détourner de manger du cadavre!

 
 

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