Angela Merkel et Nicolas Sarkozy 7 avril 2009 - Conférence sur la sécurité à Munich (photo : Sebastian Zwez)
Lundi 6 février. Nicolas Sarkozy s’exprime en compagnie d’Angela Merkel devant France 2 et la ZDF. Depuis l’appui inconditionnel de la Chancelière à la future campagne du chef de l’Etat français, M. Sarkozy est aux anges. Lundi soir, il s’est même fendu d’un bonjour en allemand, erreur fatale quand dans un couple on ne maîtrise définitivement pas la langue de l’autre.
Amoureux de l’Allemagne M. Sarkozy ? Oui peut-être. Mais amoureux de l’allemand, certainement pas ! La preuve en image lundi 6 février, quand le Président a lâché un « guten tarte », au lieu d’un « Guten Tag » pour saluer le présentateur allemand de la ZDF. D’accord, l’entrevue était réalisée à l’heure du dîner et le repas tardif justifie certainement le lapsus culinaire de Nicolas Sarkozy. D’accord alors pour lundi. Cependant, ce n’est pas la première fois que le Président français en bave avec l’allemand. A croire que Sarkozy est un disciple de Richard Porson, intellectuel anglais de la fin du XVIIIème qui affirmait que la vie est trop courte pour apprendre l’allemand.
Citation de Richard Porson. Photo anonyme
En novembre 2009, Berlin célébrait les 20 ans de la chute du Mur. Nicolas Sarkozy, grandiloquent se prend pour J.F Kennedy et, devant une foule compacte s’exclame : « Wir sind brüher, wir sind Berliner » (« Nous sommes du bouillon, nous sommes Berlinois »). Il pleuvait alors et peut-être que l'orage grondait au loin. Le lapsus entre Brüder (frères) et Brüher, à ce moment électrique de l’Histoire peut alors s’expliquer. Kennedy lui-même, avec son accent, avait dit être un Berlinois, mais aussi une pâtisserie de la capitale allemande. Encore un lapsus culinaire qui est pourtant resté comme une grande phrase de l’Histoire, alors pourquoi ne pardonnerait-on pas un si petit lapsus météorologique ?
Le lapsus historique semble plus grave. Toujours durant les commémorations de la chute du Mur, M. Sarkozy a affirmé être présent à Berlin le 9 novembre 1989. Ce n’est un fait qu’une semaine après l’Histoire que Nicolas Sarkozy a posé le pied en terres berlinoises. Devant tant d’imprécision, Mme Merkel, en bonne physicienne, a dû se remémorer cette maxime de Blaise Pascal : « Il y a deux sortes d'esprit : l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse».
De finesse, M. Sarkozy aurait pu en user quand, se rendant compte de ses lacunes en allemand, il s’engagea sur le chemin de la diplomatie. La diplomatie en effet, n’est-ce pas, comme l’écrit l’écrivain britannique Eric Linkatter, « l’art de plonger dans des eaux troubles sans faire de plouf » ? Malheureusement pour lui, M. Sarkozy ne maîtrise pas vraiment non plus l'art du plongeon. En mai 2008 par exemple, à Aix-la-Chapelle, lors de la remise du Prix Charlemagne à Angela Merkel, M. Sarkozy a salué l’époux de la Chancelière allemande en l’appelant « Monsieur Merkel », alors qu’il s’agit en fait de monsieur Sauer, la Chancelière ayant conservé le nom de son premier époux. Mais après tout, si la Chancelière allemande rit, pourquoi après le lapsus culinaire, le lapsus météorologique, ne pourrait-on pas pardonner un lapsus de goût?
Que faire alors devant le problème freudien auquel est confronté le Président de la République française ? Pas grand-chose en fait, à part peut-être en rire, ou se consoler en se disant que le chef de l’Etat n’est pas meilleur en anglais qu’en allemand, pas de jaloux donc pour une fois au sein de la zone euro. Et que parfois, ses discours ne sont pas toujours très clairs non plus en français. Comme quoi, manier correctement la langue, quelle soit ou non de bois, n'est pas toujours aussi simple que l'on pourrait le croire.
La France a elle "gâcher" comme tu dis 5 ans "de sa vie" !
Madeleine /// Samstag, 11-02-12 12:29
Personnellement je me suis bien amusée en lisant cet article. Je ne sais plus qui a dit "Il faut toujours tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler !". Mr Sarkosy se place souvent en donneur de leçon, il devrait parfois relire sa copie.
Nico-logne /// Samstag, 11-02-12 02:03
ce qui est sûr c'est que ce malade en seulement 5 ans nous a vraiment mis dans le bouillon
C-cile (Francfort) /// Freitag, 10-02-12 17:06
je ne sais pas ce que Sarah Maquet voulait "démontrer" (cf. Sofia) mais on peut par exemple en déduire que ce ne serait pas complètement inutile pour 1 président français de parler un peu des langues. à bon entendeur salut Monsieur Hollande!