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Les mères ou les pères obtiendront 67% de leur salaire pour s’occuper de leur enfant pendant les douze premiers mois. Et après ?

 

Que faire pour avoir plus d'enfants? Les courbes de la natalité en Allemagne sont les plus inquiétantes d’Europe. Depuis des années, le taux de fécondité (1,36 enfant par femme actuellement) ne garantit même plus le renouvellement des générations.

 

Il faut dire que l’Allemagne n’a jamais été vraiment « Kinderfreundlich », entendez par là adaptée aux enfants. Les places de crèches sont rares, voire inexistantes dans les « Länder » du sud comme la Bavière. De nombreuses femmes n’ont pas d’alternative : elles doivent souvent choisir entre le travail et la famille. Du coup, près de la moitié des Allemandes ayant fait des études universitaires préfèrent ne pas avoir d’enfant. La perspective d’être mères de famille équivaut pour elles à renoncer à leur carrière.

 

L’objectif du salaire parental (« Elterngeld »), qui vient d’être voté au Bundestag est de les faire changer d’avis. C’est un pas important dans la politique familiale allemande. Pour la première fois, la gauche (SPD) et la droite (CDU/CSU) arrivent à se mettre d’accord sur un projet visant à concilier la famille et le travail.

 

La loi sur le salaire parental dénote surtout un changement important de mentalité chez les conservateurs. Pour les ténors du parti chrétien-démocrate (CDU), la femme idéale a toujours été fidèle aux "3 K" (Kinder, Küche, Kirche), aux enfants, à la cuisine et à l’église. Il ne faut pas oublier qu’au début de sa carrière politique, en 1990, même Angela Merkel affirmait que les femmes étaient faites pour élever des enfants. En nommant ministre de la Famille Ursula von der Leyen,  femme active et mère de sept enfants, la chancelière a montré qu’elle avait changé d’avis.

 

Le salaire parental, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2007, permettra de verser 67% du salaire net pendant 12 mois à l'un des deux parents qui choisira de rester à la maison. S’ils décident de se partager la tâche (la moitié chacun, par exemple), le salaire sera versé pendant deux mois supplémentaires. Cette loi s’adresse notamment aux pères à qui l’on reconnaît le droit et le devoir de s’occuper des enfants en bas âge.

 

Le salaire parental remplace l’allocation parentale d’éducation (« Erziehungsgeld ») qui s’élevait à 300 euros par mois et par enfant sur deux ans. Mais cette allocation n’était pas versée aux familles aisées. Cette fois, le salaire parental concerne toutes les familles puisqu’il ne prend pas en compte le niveau des revenus, une mesure critiquée par le groupe parlementaire de gauche « die Linke ». Il est plafonné, malgré tout, à 1800 euros par mois.

 

L’allocation pour chaque enfant ou « Kindergeld » continuera d’être versée à hauteur de 154 €/mois. Enfin, une prime de 10%  (« Geschwisterbonus ») sera versée en plus du salaire parental pour les petits frères et les petites sœurs s’ils naissent dans les 36 mois suivants.

 

Mais le gouvernement de Merkel n’a fait les choses qu’à moitié : les libéraux et les écologistes estiment que les femmes seront confrontées au même problème qu’avant. « A quoi sert un salaire parental s’il n’y a pas de places en crèche au bout ?», s’interroge Ina Lenke, spécialiste des question familiale au FDP (Libéraux). A rien ! Maman devra sans doute rester à la maison.

 

Christophe Bourdoiseau








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