Ribéry de Bavière

Franck Ribéry ferait-il un bon souverain ? La question vaut d’être posée alors que commence le règne du Français sur le championnat d’Allemagne de foot.
Il est fort probable que la réponse soit positive. A 24 ans seulement, le joueur du FC Bayern München pourrait comprendre beaucoup de ses sujets, ayant déjà derrière lui plusieurs vies. Il y a celle aisée que l’on connaît désormais. La résidence dans la banlieue verte de Munich, en forêt bavaroise, la voiture de luxe mise à disposition par le sponsor du Bayern et les sommes faramineuses qui ont accompagné son transfert de l’Olympique Marseille au club le plus titré d’Allemagne. Acheté 25 millions d’euros par le FCB, Franck Ribéry est devenu l’achat le plus cher de l’histoire de la Bundesliga.
Mais avant cette existence dorée, il y a eu un long chemin de croix, débuté à Boulogne-sur-Mer, ville portuaire du Nord de la France. Et déjà marqué à l’âge de 2 ans par une tragédie. « J’ai eu un accident de la route, raconte-t-il encore aujourd’hui, c’est vrai, c’est pas autre chose. » De cet accident, où il traversa le pare-brise, il reste la cicatrice qui zèbre son visage. Si aujourd’hui, les basses attaques des supporters qui tombent des tribunes des stades de foot n’ont plus d’emprise sur lui, cela n’a pas toujours été le cas. « Avant les gens parlaient sur moi, presque ils se moquaient. J’allais dans mon coin pleurer. Je ne souhaite ça à personne. » Puis il y a eu les débuts dans le foot, au petit club du FC Conti.
A suivi le centre de formation du Losc. Qui a pris fin l’année de ses 16 ans. Renvoi pour cause de niveau scolaire insuffisant. « Je ne pensais plus réussir », raconte le joueur de l’équipe de France. Puis son chemin a pris la direction des clubs de Boulogne et celui, surtout, d’Alès en Nationale, où sa carrière a failli prendre fin. Le club était en proie à des difficultés économiques. Franck Ribéry, alors âgé de 19 ans, accumulait les dettes. « Je devais tellement d’argent que la banque n’acceptait plus de m’en prêter, se souvient-il. Je n’ai pas eu d’autre choix que de me trouver un autre boulot. J’avais tiré un trait sur le football. » Le Boulonnais est devenu terrassier pour EDF, comme son père. « Mais alors qu’au bout de cinq mois, j’avais remboursé mes dettes, mon père m’a dit de reprendre le foot et il m’a cherché un nouveau club. » « Lui aussi, c’est un bosseur. Si on veut y arriver, on y arrive », commente fièrement François Ribéry, le paternel.
Le Stade Brestois, en 2003, a constitué un nouveau virage. Et le véritable début de la carrière du musulman converti. Un transfert au FC Metz lui permet de faire ses débuts en Ligue 1 et lui ouvre les portes de l’équipe de France espoirs en septembre 2004. Sa trajectoire semble définitivement lancée lorsqu’il rejoint Galatasaray Istanbul en 2005. Mais les problèmes d’argent se dressent de nouveau sur son chemin. « Ce n’était pas aussi grave que la première fois mais je n’étais plus payé. Heureusement, après trois mois sans salaire, la fédération internationale a décidé que je pouvais être transféré sans frais. » Son chemin prend la direction de la Canebière et l’Olympique de Marseille. Entre temps, Franck Ribéry a gagné son premier trophée : la Coupe de Turquie. A Marseille tout s’accélère. Il ne gagne pas de titre mais la reconnaissance. En 2006, il est la surprise de l’année et intègre l’équipe de France pour la Coupe du monde. Vice-champion du monde, il attire tous les regards sur lui.
Un an plus tard, il est de retour en Allemagne. Et aujourd’hui les louanges le suivent partout où il va. Bien qu’il ne maîtrise pas la langue, Franck Ribéry a déjà séduit ses camarades du FC Bayern. Ribéry l’espiègle met de l’ambiance dans l’équipe et, en stage de préparation, enduit de dentifrice les poignets de portes... Mais surtout sur le terrain, il n’a pas eu besoin d’adaptation. A l’instar du championnat français, il est redevenu l’homme à abattre, celui qui, d’une accélération, est capable de mettre les défenses en émoi. Sa rentabilité s’est également avérée. Le Nordiste aurait déjà permis au Bayern d’encaisser plus de 7 millions d’euros. Son maillot est le best-seller de la boutique du FCB. Dans son sillon, le club de la capitale bavaroise voit ses tickets partir comme des petits pains. Le stade d’entraînement, qu’un agence de tourisme a ajouté à sa visite guidée de Munich, frôle la congestion certains jours avec plus de 6000 spectateurs. Et Franck reste égal à lui-même. Se prête de bonne grâce aux séances d’autographes, sourit sur les photos.
Pas étonnant donc que le sponsor du Français lui ait érigé un panneau publicitaire de 250 m² sur l’Odeonsplatz de Munich. « La Bavière a de nouveau un roi ». Et sa prise de pouvoir n’a rien d’un putsch.
Julien Bels, à Munich
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pourquoi ne pas écrire que c'est Nike le sponsor?
c'est interdit?
z'etes bizarre à la gazette vous avez peur de faire de la pub?