
Début octobre, le sénat français a voté la loi tant débattue sur le regroupement familial des immigrés en France. Le ministre Brice Hortefeux avait lancé, mi-septembre, un projet de loi sur « la maitrîse de l’immigration », comprenant notamment trois amendements fortement discutés.
A coté de « l’évaluation de la connaissance de la langue et des valeurs de la République » pour ceux qui veulent rejoindre les membres de leurs familles résidant en France ainsi que l’augmentation à un taux de 1,33 du SMIC du revenu minimal des résidants français, c’est l’amendement sur les tests ADN pour vérifier la filiation d’un candidat au regroupement familial qui avait suscité de fortes critiques de la gauche, des associations d’asile et de l’Eglise en France. Le président Nicolas Sarkozy n’a pourtant pas hésité à défendre la loi devant les caméras, avec un argument aussi simple que redoutable : « Onze pays européens pratiquent les tests ADN. Où est le problème ? »
Le problème repose, comme souvent, dans le détail. Certes, dans les onze pays - la Belgique, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, l’Italie, la Lituanie, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède - un test ADN peut être appliqué dans des cas plus au moins précisés par leur législation. Au Danemark par exemple, la loi a été introduite en 1994 suite à une forte vague de demandes d’asile venant de Somalie et elle a été systématisée depuis. Désormais, le regroupement familial est catégoriquement refusé si le candidat n’est pas prêt à faire un test ADN.
En Allemagne, la possibilité de soumettre des candidats à l’asile ou au regroupement familial à un test ADN existe depuis 2004. La loi ne prévoit toutefois pas que de « recourir à des moyens appropriés pour prouver la filiation ». En pratique, les tests sont appliqués par prélèvement de salive et « sur la base du volontariat » des candidats venants des pays dont l’administration et notamment l’établissement des actes de naissance « ne reposent pas sur une base fiable » – ce qui est le cas, d’après les autorités allemandes, en Irak et en Afghanistan.
Cette politique a suscité les mêmes critiques en Allemagne qu’en France, où les contestations récentes ont été toutefois plus audibles qu’ici. Pourtant, Amnesty International Allemagne reste prudent sur le « volontariat » des tests et croit qu’un refus du test portera toujours préjudice à la crédibilité du candidat. De plus, l’image de la famille qui se fonde uniquement sur l’appartenance génétique ne correspondrait ni à la réalité dans les pays d’origine ni aux usages européens. « Le test ADN sera-t-il à l’avenir aussi une condition pour toucher les allocations familiales? », s’interroge un porte-parole d’AI Allemagne. Notamment du coté conservateur et des églises, de nombreuses critiques sont formulées en France et en Allemagne contre les tests ADN qui seraient « une atteinte aux libertés du sujet et à la tradition humaniste européenne ».
Cornelius Wüllenkemper
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conclusion : si je comprends bien France ou Allemagne c'est flippant ce genre d'évolution.
Halucinant que nos dirigeants qui sont peu ou prou des démocrates ne se rendent pas compte que tous ces outils antropométriques seraient un rève dans les mains d'une dictature