

Mais au fait, c’est quoi le Ramadan ? Petit rappel pour tous afin d’en savoir plus sur ce temps fort de la vie religieuse et culturelle en terre d’islam, mais aussi en Europe et ailleurs.
« Mangez et buvez jusqu'à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l'aube, du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu'à la nuit. »
Le Ramadan, kezako ? Carême, jeûne, ascèse... Chaque année se déroule un événement bien particulier pour les musulmans du monde entier. Le fonctionnement est relativement simple. C’est le croissant de lune qui déclare le mois du Ramadan ouvert. Ce neuvième mois du calendrier islamique est une période mobile. Elle se déplace donc chaque année d’environ onze jours par rapport au calendrier grégorien et s’étend sur 30 jours. Pour l’année 2011, du 1er août au 29 août. Le Ramadan fait partie des cinq piliers de l’islam sunnite. Cette forme de carême oblige le pratiquant à s’abstenir de tout besoin alimentaire et de tout plaisir (abstinence sexuelle) durant toute la journée, soit de l’aube jusqu'au crépuscule. Mais pourquoi et dans quel but jeûner ? Il y a théoriquement des raisons à l’observance de ce devoir religieux. Introspection, concentration sur la foi, sur Dieu et sur les exigences morales, empathie pour la pauvreté et la famine sur terre, réflexion sur la réconciliation entre les peuples, autant de perspectives qui sont l’essence même du Ramadan.
Le Ramadan pour tous ?
Rester rationnel, et savoir passer de la théorie à la pratique, c’est aussi l’objet du Ramadan. Tous ne le font pas, car ne le peuvent ou doivent pas. Ainsi certains sont exemptés de faire le jeûne. La liste est longue : enfants et personnes âgées, malades physiques ou handicapés mentaux, femmes enceintes ou allaitant, personnes indisposées et voyageurs, tout individu dont la santé pourrait être mise en péril se doit de ne pas observer le jeûne. Pour ces personnes, le substitut reste ce qu’on appelle le « Ramadan du pauvre ». Repas frugal, son but est de faire penser à ceux qui ne peuvent manger à leur faim. Devoir de nourrir ou de payer le repas à ceux qui ne le peuvent sont également d’autres options ouvertes. Selon certaines interprétations doctrinales, voyageurs ou femmes indisposées, doivent pratiquer le jeûne à une date ultérieure.
Casser la croûte ensemble
Outre la dimension purement cultuelle, le Ramadan est également l’occasion pour les communautés, le voisinage et les familles de se retrouver et de partager. Le premier repas peut s’effectuer avant l’aube (sahur) et avant la première prière (as-soubh). La rupture du jeûne commence dès le début de la soirée avec l’iftar et constitue le moment de la commensalité et de la convivialité. L’iftar est un plat léger composé d’une soupe, d’un plat de viande ou d’œuf, de fruits secs, de pâtisseries accompagnées d’un thé. Il n’existe pas de plat typique et l’iftar varie en fonction des régions et des cultures culinaires locales.


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 Fêter l'Aïd (c) réf. leJDD, Mikukearu-Kansan
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Après l’effort, le réconfort
Le mois du Ramadan se clôture traditionnellement par l’Aïd al-Fitr en arabe ou Seker Bayram en turc (littéralement fête du sucre). Fête religieuse, elle se tient au lendemain de la fin du mois de jeûne, le premier jour du mois de chawwâl (le dixième du calendrier lunaire). Banquets et festins sont organisés à la manière d’un mardi gras inversé (dans la religion chrétienne, le Mardi gras précède le carême). Les enfants se voient offrir présents et vêtements neufs, évoquant une sorte de Noël musulman. Les gens sortent vêtus de leurs plus beaux atours, visitent famille et amis. Les indigents reçoivent également de la nourriture (zakat al-fitr) ou de l'argent. Le principe théologique est celui de purifier le jeûneur de ses péchés commis durant le mois de Ramadan.

Ramadan, business religieux ?
Le Ramadan reste une période sacrée pour le musulmans du monde entier. Cependant, de nombreuses enquêtes décrient la période du Ramadan comme un hymne à la consommation et à l’individualisme loin des valeurs de partage et de communion. En cette période, le prix des denrées alimentaires augmente fortement, les repas affichent parfois des tarifs astronomiques, ce qui exclue de facto les catégories les plus pauvres. Le bénévolat et les dons ne sont pas forcément au rendez-vous. La distribution de nourriture au sein des mosquées n'est pas systématique. A Berlin, rares sont les mosquées qui offrent des repas, ceux-ci s'obtiennent souvent moyennant finance.
Société de consommation et religion font-il ainsi bon ménage? L'exemple du mois de Ramadan peut l’illustrer. En atteste l'engouement de plus en plus visible de la grande distribution et des magasins discount pour cette période synonyme de faste et de montée de leur chiffre d'affaire. A Berlin, la pâtisserie Manar-Back & Süßwaren arabische Bäckerei située dans le quartier central de Mitte approvisionne depuis 1985 de nombreux restaurants, imbiss (snacks), et autres grossistes et marchands de détail. Au-delà de l'Allemagne, sa clientèle se compte aussi à l'étranger et la part croissante du chiffre d'affaire réalisée à l'exportation est loin d'être négligeable. Pour cette société, comme pour bien d'autres , le mois du Ramadan est une période d'activité exceptionnelle.
De façon générale les commerces au sein de la population musulmane d'Allemagne profite de cette période pour communiquer et augmenter leurs ventes. Cette dimension consumériste est souvent déplorée voire critiquée, tant par les acteurs religieux que les acteurs sociaux qui y voient un dévoiement des valeurs de l'islam et la perte d'une certaine éthique fondée sur le mutualisme et l'entraide.
Le Ramadan, soit, mais comment cela se passe au sein de la capitale fédérale? Ramadan in Berlin, au détour des rues berlinoises...
Sarah Houmairi-Romy
le 15 août 2011
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HAHA!! Vous avez utilisé un de mes dessins, c'est cool!