La droite fait ce qu’elle peut
CDU (Christlich Demokratische Union, dite « Union »)
Les chrétiens démocrates sont le grand parti de la droite allemande. En France, on ne parle jamais de parti « chrétien » du fait de la sacro-sainte laïcité, mais on peut considérer que l’UDF et dans une moindre mesure l’UMP sont de tendance chrétienne démocrate. Berlin n’est clairement pas un bastion de la CDU, et le parti conservateur n’a obtenu que 23,8% des sièges lors des dernières élections en 2001. Slogan du parti pour 2006 : « Berlin kann mehr » (« Berlin peut mieux »). Paiement de la dette - colossale, résorption du chômage, politique familiale, problèmes d’intégration des communautés et lutte contre l’insécurité, avec l’arrivée sur les bords de la Spree de la « null Toleranz », (tolérance zéro) certains thèmes de campagne à Berlin semblent avoir été inspirés de l’autre coté du Rhin.
Les sociaux démocrates ont le vent en poupe
SPD (Sozialdemokratische Partei Deutschlands)
Avec près de 30% des voix obtenues aux élections de 2001, les sociaux démocrates sont la première force politique à Berlin. Membre du parti socialiste Européen (PSE), l’ancien parti de Gerhard Schroeder se situe au centre gauche de l’échiquier politique allemand, proche de l’aile droite du Parti Socialiste français. A Berlin, sous la direction de Klaus Wowereit, le SPD se veut « konsequent » et met en avant son bilan. La « conséquence » semble payante : les sondages annoncent 32% d’intention de vote. Mais pas sûr que les belles images du spot de campagne du SPD, vantant la qualité de vie à Berlin, fassent oublier à ses 300 000 chômeurs l’échec en matière d’emploi de la coalition rouge-rouge.
L’extrême gauche voit rouge
Die Linke/PDS
La deuxième roue du carrosse municipal est en crise de désamour auprès des berlinois. Talonnant encore la CDU de quelques centaines de voix en 2001, le parti de Mr Bisky (voir interview ci-contre) pourrait perdre plus de 5 points, si l’on en croit les estimations. « Berlin bewegt », « Berlin bouge ». Cette affirmation, est le slogan des anciens communistes, désormais alliés à l’aile gauche dissidente du SPD. Si ce slogan caractérise bien Berlin, elle pourrait également s’appliquer au Linkspartei. Un mouvement vers la sortie ?
C’est le printemps chez les Verts
Bündnis 90/die Grünen
L’alliance des écologistes berlinois a de quoi se réjouir. Les différents sondages la créditent de 14% à 16% des intentions de vote, contre 9,1% en 2001. Comme dans de nombreuses grandes villes en Europe, les idées vertes trouvent un écho auprès des jeunes et des désormais fameux « bobos ». Ce regain d’intêret pour les amis de la nature se fait aux dépends du Linkspartei et de la CDU. Si la tendance se poursuit, les Verts pourraient devenir la troisième force politique devant l’extrême gauche. Mais rien ne dit qu’ils obtiendront un score suffisant pour pouvoir former une coalition avec leurs alliés traditionnels du SPD.
Philippe Dihalleau