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 Robert Badinter
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Le projet de loi sur la rétention de sûreté a provoqué un tollé chez les magistrats et médecins. Robert Badinter, Sénateur des Hauts-de-Seine, a lui aussi violemment critiqué le projet de loi sur la rétention de sûreté, le jugeant «contraire au système judiciaire français ».
L’ancien Garde des sceaux* socialiste français n'accepte pas le fait que «l’on puisse condamner au titre d’une infraction virtuelle et que la présomption d'innocence, premier principe de justice dans tout pays de liberté, soit bafouée».
Pour la première fois dans notre droit pénal, une peine seulement fondée sur la dangerosité supposée d'un citoyen prévaudrait-elle sur la présomption d’innocence ? Certains n’hésitent pas à qualifier cette nouvelle peine de «lettre de cachet», synonyme d'incarcération sans procès sous la monarchie absolue.
Selon Elisabeth Guigou, «ce projet de loi tourne le dos aux acquis de la Révolution qui veulent qu'on condamne les gens pour ce qu'ils ont fait, pas pour ce qu'ils sont susceptibles de faire». L'ancienne ministre de la Justice socialiste française va même jusqu’à évoquer «les pires débordements de l'Allemagne nazie»! Des propos qui auraient pu être rejetés par Gérard Schröder, lui qui en 2001 s’était exprimé en ces termes au BILD-Zeitung : « Il n’y a pas de thérapie pour les criminels adultes, tueurs de fillettes. L’unique solution reste l’enfermement à perpétuité ! ».
Faut-il protéger la société contre ses criminels ou plutôt permettre aux garanties juridiques de les protéger ? Les sensibilités s'aiguisent autour d'un dossier aussi délicat.
*Ministre de la Justice, en France.
L.C.
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