6 semestres à la fac pour devenir « Bachelor en écriture », et 4 supplémentaires pour un Master : dépendant de l’Université de Leipzig, le Deutsches Literaturinstitut Leipzig (DLL) propose le seul diplôme d’écrivain sur tout le territoire allemand.
Avant, pour devenir un bon auteur, il fallait se former soi-même : lire, écrire, écrire, encore écrire, et compter sur les critiques constructives d’un entourage pas toujours qualifié. Depuis 1995, il y a le DLL. Pour y entrer, pas besoin d’avoir déjà publié : une vingtaine de pages manuscrites suffisent pour convaincre le jury d’admission. Ensuite, entre prose, poésie, théâtre et nouveaux médias, ou encore scénarios de films… Les 80 étudiants choisissent deux matières principales (ou une principale et deux secondaires), traitées dans le cadre de séminaires théoriques et pratiques. Luxe : ces cours sont dispensés par des auteurs aussi prestigieux que Josef Haslinger, Hans-Ulrich Treichel ou encore Michael Lentz, ainsi que par des « professeurs » invités (au semestre d’été, ce seront Juli Zeh et Roland Schimmelpfennig). Dans les cours pratiques, les futurs écrivains professionnels discutent de leurs textes, se critiquent, se conseillent... Mais n’y a-t-il pas un danger à voir ainsi un camarade – un concurrent potentiel ! - s’améliorer, quand on sait la difficulté de vivre de l’écriture ? Et puis comment se confier à des gens susceptibles de vous transformer en personnage de roman, ou pire de vous piquer une idée ? « On ne pense pas à tout ça, assure Anja Frisch, 30 ans, diplômée du DLL en 2003 et dont le premier recueil de nouvelles, « Schneehase », est paru chez Luchterhand en 2006. C’est vrai que la concurrence existe, mais on peut quand même devenir amis. Pour preuve, j’ai gardé contact avec certains de ma promo ! » Que deviennent-ils d’ailleurs, ces anciens étudiants ? Certains jobbent en espérant un jour être publiés, d’autres y sont parvenus, avec succès (Juli Zeh, Katharina Schwanbeck, Saša Stanišić, lequel a gagné le prix du livre allemand 2006). Alors le DLL, un vivier d’écrivains… formatés ? « Non », pense Anja, « si on lit attentivement les auteurs sortis du DLL, on voit qu’ils possèdent leur propre style : il y a peut-être un ton en commun, mais que l’on retrouve aussi chez d’autres jeunes auteurs. » Et de conclure : « C’est plutôt une question de génération. »
Chris Lutti
Le DLL aura un stand à la Foire du livre de Leipzig, du 22 au 25 mars 2007
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