
Il déménage bientôt et a retrouvé dans ses archives personnelles beaucoup de prospectus. Ben Msiid, la cinquantaine joviale, plonge dans sa mallette, en extirpe un classeur. Soigneusement rangés dans des pochettes transparentes, dix ans d’évènements culturels organisés au Pfefferberg. L’ancienne brasserie de la Schönhauser Allee, à Berlin, transformée en 1990 en centre socio-culturel par Msiid et une poignée d’intellectuels et d’artistes. « C’était une friche industrielle. Il n’y avait que le jardin, qui me fascinait littéralement. J’ai eu un coup de foudre pour cet endroit. »
Etudier l’informatique à Hambourg. Voilà pourquoi Ben Msiid a quitté le Maroc en 1974. L’allemand, il l’a appris au lycée français de Rabat. « J’étais un fervent lecteur de Brecht. Je voulais mieux connaître la culture allemande ». Au milieu des années 70, il participe aux grandes manifestations pour la paix qui se tiennent à Berlin. Dans un large sourire, il raconte comment il a alors décidé de s’y installer. Et rapidement, l’étudiant délaisse l’informatique pour se consacrer à des activités culturelles.
De ses années fac, Ben se souvient de l’effervescence de la cité universitaire de Tiergarten et de ses 1600 étudiants. Membre de l’autogestion de la Cité, il s’occupe de la programmation culturelle jusqu’à la fin de ses études, en 1985. A la veille de la chute du mur, Ben est sur le départ, prêt à rentrer au Maroc pour cause de contrat dans les énergies renouvelables. « Et là on annonce l’ouverture du mur ! J’étais parmi les premiers à attendre, juste à côté de la porte de Brandebourg !», se rappelle-t-il. La Deutsche-Afrikanische Gesellschaft, association d’Allemands et d’Africains de l’Est et de l’Ouest se monte. Ben Msiid, déjà président des Etudiants Africains de l’université, se charge de la programmation culturelle : « Je sentais qu’il y avait une vision fausse des Africains côté Est. Il n’y avait pas de mélange réel comme c’était le cas à l’Ouest ».
L’aventure du Pfefferberg commence peu de temps après. Avec une volonté, œuvrer pour le mélange des communautés. Premier but : lutter contre le « bourgeon » de néo-nazis présent à Prenzlauer Berg. « On a fait une programmation un peu provoc’ ! », sourit-il. Une programmation éclectique, musique juive, festivals de flamenco, musique africaine, française, rock’n’roll. De grands noms comme Jane Birkin côtoient de nouveaux venus, comme Stereo Total en 1994, et Dyonisos en 2000. L’aventure dure dix ans, « sans un seul jour de vacances ». Puis le lieu prend une tournure différente, le travail de l’association est réduit. « La valeur immobilière a pris le pas sur la valeur socioculturelle », soupire ce défricheur. Si la fin du Pfefferberg tel qu’il l’a connu a un goût amer, Ben Msiid tire un bilan positif. « Avant, dans le quartier, à part la Kulturbrauerei, il n’y avait rien. On a réussi, avec très peu de moyens, à développer une scène culturelle, à en faire un lieu de rencontre, toutes générations confondues ».
Après un détour par la UFA-Fabrik, Ben Msiid s’occupe depuis 2004 de la programmation francophone de l’Arena. Il est devenu une figure incontournable du monde culturel berlinois. Dès 94, il a prôné le mélange de l’electro et de la musique du monde. Le Francophonic Festival, créé en 1997, c’est lui. Les soirées « So frenchy », reprises aujourd’hui par le Popkomm, aussi. Aujourd’hui, Ben Msiid regarde vers Neukölln. « C’est le quartier de l’avenir. Difficile et pauvre mais à fort potentiel. J’en ai l’intution, croyez-moi ! » . Et on veut bien le croire.
Sonia Gonzalez
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Noch einmal für ben Msiid:
Ich bin unter 0176 23 29 05 35 zu erreichen.
Dankeschön
Antje Hofert
Guten Tag,
ich heiße Antje Hofert und such - wieder einmal - Ben Msiid.
Ich kenne ihn seit 20 Jahren aus dem Verein Für eine kulturvolle solidarische Welt e.V.
Bitte helfen Sie mir. Ich danke Ihnen.
Mit freundlichen Grüßen
Antje Hofert