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 Florilège d'images pornographiques glanées lors du Salon berlinois
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Berlin capitale du porno? Dans une Allemagne décomplexée rien d'illogique à ce que la capitale accueille les évènements autour du phénomène. La représentation de l'intime et du désir s'est faite depuis longtemps business lucratif, avec son cortège de contradictions et de banalisation. Aujourd'hui il génère même sa dissidence. Trois rendez-vous cet automne confirment la place particulière de Berlin. Si Hambourg a ses vitrines, Berlin s'impose comme LA vitrine.

De l’alcôve au "salon"
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 "Venus" le salon berlinois de l'érotisme (photo : Gautier Féron et Alban Genty / La Gazette)
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Les volumes considérables d'un parc d’exposition permettent d'accueillir toutes sortes de salons : agriculture, électronique, automobile... et sexe! En ce début d'automne, l’ambiance à "Venus", salon berlinois de l’érotisme, est a priori proche de n’importe quelle foire : des visiteurs, des écrans géants, des spectacles, des journalistes, des personnalités, etc. Mais ici la rumeur ambiante est ponctuée des cris et gémissements des films X. Les stands qui bordent les allées sont pris d'assaut par une mer de caméras numériques tenues essentiellement par des hommes de 25 à 50 ans. Lorsque l’on franchit les portes de ce centre commercial dédié au sexe, on est immergé dans un autre monde. Ici les règles diffèrent. Des jeunes femme (très) peu vêtues se frayent aisément un chemin dans une foule très masculine. Il faut débourser 15 euros pour pénétrer dans ce temple du porno, il n’y a pas de tarif enfant. Ici, on vend de la jouissance, des films, du cuir, du fantasme, presque comme on le ferait avec des motos, des poules ou du beurre bio.

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 Khajuraho, temple indien avec représentation du kâmasûtra, l'Orient ne fut pas toujours prude (photo : Gerardo Diego Ontiveros germeister)
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Certains linguistes affirment que les premiers mots de l'humanité auraient pu être liés au sexe. Les graffitis et mosaïques de Pompéi nous le rappellent : la représentation et l'illustration de l'acte n'ont rien de nouveau. La pornographie n'a fait que suivre l'évolution de l'histoire de l'art et de sa diffusion. Avec quelques jalons et accélérateurs tant techniques que sociétaux. La facilitation de la diffusion accompagnant ou générant même une acceptation morale toujours plus grande de ces torrides icônes, du moins en Occident. Car ailleurs, entre prégnance du moralisme religieux et interdit général de la représentation, la banalisation n'est toujours pas d'actualité. Dans l'Iran des mollahs la diffusion d'œuvres porno est passible de la peine de mort, et dans l'ensemble du monde musulman, Turquie mise à part, le strict interdit demeure.

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 Porno vintage version bovine dès le début de la photographie (photo : Miss Labores)
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Le producteur de porno David Friedman a résumé efficacement cette course technique vers une diffusion toujours plus large : "Cinq minutes, après qu'en 1827 la photographie et qu'en 1894 le cinéma aient été inventés, une femme nue se trouvait devant l'objectif". L’apparition de « Playboy » en 1953, fut un marqueur. Un peu plus tard, les premiers films super8 coquins annonçaient la future explosion d'images non pieuses que consacra d'abord la VHS avant que les DVD et enfin l'internet ne prennent le relais.
L'accès facilité participe bien sûr d'une augmentation exponentielle de la consommation de pornographie, et les barrières morales s'amenuisent. Le cinéma actuel "classique" montre d'ailleurs presque sans tabou, des scènes très explicites. Le théâtre n'échappe pas au phénomène : un corps nu sur une scène fut un temps presque un gage de modernité. Le luxe même s'est emparé de cette esthétique avec le porno-chic dans la communication des maisons les plus prestigieuse, effaçant presque les frontières séparant le luxe de la luxure.

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 L'érotisme fait référence à l'amour, quand l'étymologie de la pornographie ramène à la prostitution. Le génial surréaliste André Breton à synthétisé brillamment le dilemme : "La pornographie, c'est l'érotisme des autres".
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spécificités teutonnes?
Qu'en est-il de l'Allemagne? Il semble qu'il n'y ait pas de spécificités teutonnes, si ce n'est qu'ici, culture protestante et goût pour une certaine sincérité dans la sphère publique (la fameuse "Ehrlichkeit") obligent, on évite peut être plus qu'ailleurs les faux semblants.
Pour illustrer ce pragmatisme, rien de mieux qu'un tout récent scoop. Ainsi les éditions "Weltbild" propriété de l'église catholique et leader dans la vente de livre seraient selon le quotidien Die welt un gros vendeur de livres porno et érotiques!
Plus largement, les estimations du chiffre d’affaire mondial annuel de l’industrie pornographique varient de 10 à 50 milliards d’euros. La République fédéral ne figure pas parmi les acteur majeurs du marché, le Etats unis et la Chine tenant le haut du pavé. Toutefois en la matière l'Allemagne sut être une terre de pionniers. Incontournable la célèbre firme Beate Uhse affichait par exemple à elle seule 243 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2008 en s'étant tourné vers l’international. Si le pragmatisme peut être décrit comme un trait typiquement allemand, il s'applique aussi à cette industrie qu'est aujourd'hui le porno. Ainsi le savoir faire des Allemands en matière d'organisation de salons professionnels n'est plus à faire. Logiquement le salon "Venus" est donc avant tout une plate-forme de rencontre pour tous les représentants de la branche du X. 400 exposants venus de 36 pays sont là pour présenter leurs produits. Comme dans la plupart des évènements de ce genre, la célèbre maison française de production de films de charme Marc Dorcel est présente. L'actrice Anna Polina, la nouvelle « Dorcel Girl », une jeune célébrité dans ce milieu, représente l'illustre maison.

Une femme qui prend position
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 Anna Polina, une jeune femme qui assume? Une déroutante vision de la liberté (photo : Marc Dorcel)
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22 ans, il y a un an, Anna a mis fin à ses "études de droit et de théâtre pour se consacrer" à son activité. Elle s’exprime avec clarté et précision. Elle est ravie de ce salon berlinois : « en France les gens ont tendance à être très agressifs. On ne peut pas se balader dans un salon sans être accompagné, tandis qu’ici les gens sont vraiment gentils, en tous cas ils sont très courtois et j’apprécie beaucoup ».
Anna explique avoir choisi cette vie après mûre réflexion : « quand j’ai compris un petit peu le X, j’ai adoré ce métier, je ne me verrais pas faire autre chose ». Pour elle, ce serait un moyen d’affirmer ses opinions féministes : « c’est une prise de position assez forte, c’est beaucoup de voyages et d’adrénaline ». Elle dit rejeter le cadre rigide dans lequel la société enferme la femme : « Je pense sérieusement qu’on nous a appris depuis très longtemps que le corps était quelque chose de précieux, renvoyant forcément à l’intime, mais je pense que c’est faux. On veut infantiliser les femmes, il y a un manque d’éducation à la sexualité. Pour moi une femme se revendiquant féministe, c’est celle qui décide de disposer de son corps comme elle le veut ».

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 Marc Dorcel un succès qui a dépassé les frontières de l'Hexagone (photo : Marc Dorcel)
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Si on lui objecte que son point de vue pourrait heurter beaucoup de féministes, elle s'emporte : « D’autres féministes pensent que la femme est constamment dégradée. Je ne suis pas du tout d’accord. Si une femme veut se faire prendre la tête dans les chiottes, tout le monde va dire que c’est dégradant. Mais ça veut dire qu’on décide de ce qui est dégradant pour la femme. Si elle en a envie, si elle y prend du plaisir, je ne vois pas ce qu’il y a de dégradant là-dedans. Mais je suis consciente que peu de gens adhèrent à ce point de vue». A la question de savoir comment elle concilie une vie intime avec ses obligations professionnelles, Anna répond sans équivoque que son activité l’absorbe "à 100%" : « Mon métier c’est ma vie ». Par ailleurs, ses amis sont majoritairement des gens du même milieu. Elle a laissé ses relations d’étudiante derrière elle : « il y a un trop gros décalage entre ma vie et la leur ». Quelle place pour une vie amoureuse? Elle confie son scepticisme quant à la possibilité d’entretenir une relation sérieuse avec un homme en parallèle d’une carrière dans le X : « soit le garçon va se servir de la femme comme faire valoir, soit il en souffre. Il faudrait que je trouve un homme qui soit assez fort pour l'accepter, il y en a probablement mais pas beaucoup ».

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 Des huîtres de cristal ont récompensé les lauréats du festival porno alternatif de Berlin Poryes. Les Françaises se sont taillé la part de la lionne, deux des 4 récompenses sont allées à Emilie Jouvet et Catherine Breillat. (photo : Poryes festival)
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Dans le cas d’Anna, ce choix de vie semble correspondre à une vision assumée de sa relation avec les normes, les mœurs, la morale. Ce ne serait pas le cas de toutes les jeunes femmes présentes sur les tournages. Mlle Polina divise ces actrices en trois catégories : d'abord celles qui font cela comme elles auraient pu être caissière ou vendeuse : comme un job normal. Puis celles dont le passé libertin a préparé ce genre d’exhibition. Enfin, la sienne, des femmes, qui dans une démarche consciente, sacrifient leur pudeur pour brandir comme un étendard leur indépendance vis-à-vis de mœurs qu’elles jugent oppressants. Cette association insolite du féminisme et de la pornographie peut prendre des formes plus militantes et abouties.
Ainsi, le 15 octobre dernier, le cinéma des Hackesche Höfe à Berlin accueillait Poryes, le prix féministe du porno en Europe. Cette manifestation montée par une association féministe autour de la conférencières et activiste berlinoise Laura Méritt, se veut à contre courant. Le constat de départ est clair : la plupart des films pornographiques sot fortement caractérisés par une représentations sexiste de la femme souvent montrée comme un objet passif servant naturellement le désir de l'homme. Il reste alors peu de place pour un porno plus positif, courageux et conscient des femmes et de leurs envies. Une représentation de la sexualité qui ne serait pas centré sur le seul désir masculin et sa satisfaction. "Avec cette organisation on attire l'attention sur le fait qu'il existe à côté des productions de porno traditionnelles, des représentations pornographiques "genderfreundlich" qui respectent la femme aussi bien que l'homme". Berlin l'alternative se devait donc d'accueillir une manifestation ouvertes aux "autres" sexualités sans exclusive : homosexualité, bisexualité, trans-genre...

Marc Dorcel : pour "la sublimation, la magie"
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 L'érotisme intemporel: d'une peinture murale à Pompéi, jusqu'à Marc Dorcel
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Les autres membres de l’équipe présentent avec enthousiasme la "philosophie" de la maison. Dans un monde où l’internet a donné un nouvel élan à la pornographie, tout en menaçant les intervenants traditionnels de ce marché avec l'arrivée massive d'amateurs, cette maison de production affirme se distinguer "par la qualité" de ses films. L’internet a changé les paramètres et on a prédit à l’époque de l’avènement du porno en ligne, la mort de la maison Dorcel, plus « classique»: "Certes, cela reste du porno, du « hard », mais on tourne dans des conditions dignes du 7ème art". En parlant de l’internet, Pascal Lucas explique que « ça tend à tirer le porno vers le bas, regardez les filles, il faut quand même avoir envie ! C’est pour cela qu’avec d’autres compagnies, nous cultivons la magie". Et de poursuivre, lyrique, limite poète : « Partout ailleurs on dit : L’image, le son, la vidéo, la fille sont dégueulasses, on s’en fout! C’est du porno! Ils se branleront de toutes façons ! ». Les films chez Dorcel au contraire seraient des "œuvres travaillées, pensées, étudiées, où le sexe n’est finalement qu’un aspect parmi d’autres".
D'ailleurs la maison Dorcel ne cesse d'innover pour continuer à tenir tête à ses concurrents: « on a la gamme de jouets sexuels, "la Dorcel toys", qui vient d’être lancée et qui fait un carton. On est aussi le plus gros producteur de 3D au monde : On a déjà une centaine de programmes 3D » explique la prolixe attachée de presse, avant de conclure: « franchement, on est toujours dans l’action, l’action, l’action ! ». On avait compris. Puisqu'on est à Berlin, y aurait-il des particularités en Allemagne ? On nous répète à quel point les gens sont ici respectueux : «Les filles en petite culotte n’ont pas besoin de gardes du corps ici ». Pascal Lucas pour sa part attire l’attention sur la longue tradition pornographique du pays : « le plus grand empire c’est Beate Uhse, c’est une ancienne de la Luftwaffe, qui a monté cet empire! Les premiers sex-shops après la Seconde Guerre mondiale. L’Allemagne a toujours été avant-gardiste. Il y a beaucoup moins de tabous. Ici quelqu’un peut tourner dans un film amateur, puis aller travailler à la banque le lundi, on ne va pas le virer pour ça ».

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 Sur le salon "Venus", Mars est omniprésent. (photo : Gautier Féron et Alban Genty / La Gazette)
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Consensus chez Dorcel : on confesse son enthousiasme
Une collaboratrice de chez Dorcel assure "faire partie d'une famille" et évoque en souriant, le plaisir qu’elle a à travailler dans cette atmosphère : « le milieu du X est très saint, contrairement à ce qu’on peut imaginer, parce que tout est transparent, il n’y a pas d’hypocrisie, ici le problème du sexe est réglé, il ne reste que des amitiés sincères ou de vraies relations. Ce serait génial si le problème du sexe pouvait être réglé partout ». Dans le milieu de la mode où elle travaillait auparavant, les frustrations et passions refoulées auraient rendu les relations plus complexes voir malsaines : « on t’empoisonne, c’est insidieux ». M.Lucas ajoute avec un franc parlé débonnaire: « il y a sans doute plus de blagues de cul à la poste que chez nous ! ».
Il rappelle que les actrices sont consentantes: « Le réalisateur n’impose rien, du moins chez nous, il propose et l’actrice dit si elle est d’accord ». On nous parle aussi de "sublimation, de magie". Ces mots peuvent paraître incongrus dans un tel cadre, mais ceux qui travaillent chez Dorcel, semblent les défendre avec passion, on apprend ainsi que: "Le porno c’est compliqué, on peut vite être grossier, grotesque, on peut trop en faire, pas assez, on est tout le temps sur le fil du rasoir. La magie c’est que ça reste esthétique, assez juste. Le porno c’est pouvoir déshabiller les gens, les montrer dans un truc très intime, on voit quand même les parties génitales. L’amateur c’est « ah », la magie c’est « Ohhh ».

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 Affiche pour le salon de l'érotisme
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C'est ainsi que pour la 6ème année consécutive, le cinéma moviemento à Berlin accueille le Porn Film Festival du 26 au 30 octobre prochain. Il y avait le Dernier Tango à Paris, Deep Throat, Emmanuelle, Salò ou les 120 journées de Sodome, Oswalt Kolle et le Rose de Praunheim, mais aujourd'hui, le paysage pornographique s'est métamorphosé.

Outre des films pornographiques "classiques", le Porn Film Festival présente également des documentaires qui tournent autour de la sexualité humaine sous toutes ses facettes, des films sociologiques, des court-métrages, des films expérimentaux, des comédies, des réflexions, des dessins animés de même que des performances, des expositions et des rétrospectives. Le Porn Film Festival de Berlin est censé saisir chaque tendance et détermine celles à venir. Quoi qu'il en soit une tendance dure se dessine : depuis les années 20 Berlin demeure en Allemagne l'écrin idéal pour une approche délurée de la chose...
Gautier Féron + RPG + TDM
22.10.11
Lien vers le "Prix du film porno féministe d'Europe" : poryes.de
Lien vers le sixième "Porn Film Festival de Berlin" : www.pornfilmfestivalberlin.de/pffb_2011/de/
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Que des gros culs.Les plaisants sont ceux des jeunettes de 14 à 22 ans.On préfère nous faire reluquer le "graf Zeppelin".Touchez pas à l'innocence de nos gamine!Tu parles.....Y a pas qu'entre les cuisses qu'il y a des cons !