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Kitas bio, humanistes, interculturelles… La diversité de l’offre masque et révèle à la fois la pénurie de structures d’accueil gratuites pour les enfants de moins de six ans. Depuis quelques années, la classe politique s’efforce pourtant de corriger le tir. La Kita serait une réponse à deux des grands maux allemands : la baisse de natalité et les piètres performances scolaires des écoliers.

 

Wowi l’a promis ! S’il est réélu, le maire de Berlin assurera la gratuité des Kitas, dès la première année. Aujourd’hui, du Linkspartei à la CDU, l’idée de Kitas gratuites pour tous s’impose doucement. Il n’en a pas toujours été ainsi, loin s’en faut. La réalité de l’offre en témoigne. Privées, gérées par des Eglises ou même par les parents pour moitié, communales pour l’autre, les Kitas relèvent de la compétence des Länder et des communes, et font souvent les frais de leurs économies budgétaires. Les caisses sont vides et les déclarations politiques ne sont guère suivies d’effets. L’Allemagne débloque pourtant des sommes considérables -150 milliards d’euros par an - pour les familles, mais surtout pour les familles traditionnelles. La fiscalité comble les couples mariés, où seul le mari travaille. Le congé parental octroyé à la mère sur une base forfaitaire pour trois ans répond à l’insuffisance d’infrastructures qui n’offrent, qui plus est, qu’un accueil limité. Tout contribue à rendre incompatibles activité professionnelle et vie familiale et à faire de la mère, une salariée du foyer.

 

Résultat : 30% des femmes allemandes restent sans enfant. L’Allemagne est la lanterne rouge de la démographie européenne. Le tournant est pris dès 98, sous la coalition rouge-verte. Depuis, les réformes se bousculent : déduction des frais de garde, introduction dès 2007 du fameux salaire parental proportionnel au revenu et alloué pendant un an seulement après une naissance… mais les places en Kitas restent toujours trop rares et trop chères.

 

Au delà du problème de la prise en charge des moins de six ans, se pose aussi la question du choix de leur enseignement. En 2000, l'étude PISA de l’OCDE, qui fait une comparaison internationale des systèmes scolaires, produit un électrochoc. Les Allemands, arrivés parmis les derniers, prennent brutalement conscience des médiocres performances de leurs enfants. En été 2004, les Länder réagissent par un plan cadre, en tâchant de s’entendre sur une base éducative dans les Kitas. Outre l’amélioration de l’apprentissage de la langue, le débat se concentre sur la Kita à plein temps (Ganztagschule), qui ne concerne aujourd’hui que 30% des établissements. Exigeant un complément d’équipements - notamment en cantines – sa mise en œuvre est trop onéreuse pour être réalisée. La Rhénanie Palatinat est le seul land à l’avoir appliquée mais la fréquentation de la Kita y reste facultative l’après midi.

 

Quant aux classes préparatoires (Vorklasse) proposées par les écoles primaires - qui devaient permettre un passage en douceur de la Kita à l’école en favorisant l’apprentissage par le jeu - elles furent supprimées en 2005 afin que leur contenu éducatif soit intégré dans les Kitas. Un ajustement qui exige une formation complémentaire – et coûteuse - des éducatrices de Kitas qui ne sont pas forcément prêtes à devenir institutrices en un coup de baguette magique. Les réformes sont onéreuses, et difficiles à appliquer. Pourtant l’urgence est là. Les caisses seront-elles vides encore longtemps ?

 

Mara Desbois

 

 

Voir aussi :

 
>>>En quête de Kita

>>>Quand la Kita rencontre la maternelle...

>>>Dans la jungle des pédagogies parallèles

>>>Microtrottoir

>>>Du Nord au Sud et d’Est en Ouest...

>>>Des enfants en Kitas avec Hartz IV, mission impossible ?

 








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