

Picasso et la presse : l’exploitation des médias
Pablo Picasso est avant tout un peintre, bien que son nom soit aussi lié à la sculpture, la gravure, la céramique, la poésie ou au décor de théâtre. Mais qu’en est-il de la relation de l’artiste avec la presse ? L’exposition organisée par le Willy-Brandt-Haus tente d’apporter une réponse au travers de documents (croquis, dessins, « unes » de presse, affiches, foulards…), appartenant à la collection privée du peintre Gérard Gosselin.
L’exposition retrace les combats de l’artiste et met en exergue son profond engagement politique. Idéaliste, militant et grand défenseur de la démocratie, Pablo Picasso a toute sa vie dessiné pour une presse presque exclusivement communiste et notamment pour des journaux comme « Le Patriote » ou « L’Humanité ». Loin d’être un simple support à son art, lui permettant une forte diffusion auprès du grand public, la presse fut aussi et avant tout un instrument politique. Militant sous différentes formes (participation à des manifestations et à des congrès, dons, réalisations de foulards, d’affiches et de dessins de presse, appels à la libération de prisonniers politiques), il entendait que son art soit à l’image de ses convictions : « un art en prise directe avec la vie ». Alors il s’engage. En 1937, il prend position contre le mouvement fasciste de Franco en Espagne, allant même jusqu’à refuser de se rendre dans son pays natal du vivant du dictateur. De 1944 à 1953 il adhère au parti communiste, justifiant sa décision en déclarant qu'il n'est pas seulement un artiste, mais un combattant et un révolutionnaire. Dessiner, c’est lutter pour ce fervant défenseur de la Paix qui recevra le Prix international de la Paix en 1951 pour sa célèbre colombe et a qui sera décerné en 1962 le Prix Lénine (qui ne lui sera remis qu’en 1966). L’artiste restera fidèle à ses idées et honorera jusqu’au bout le dogme « gagner la bataille de la Paix, c’est gagner la bataille de la Vie ».
« Pablo Picasso – Frieden », du 13 février au 9 mars, au Willy-Brandt-Haus, Stresemannstr. 28 – Berlin, du mardi au samedi de 12h à 18h, entrée libre.
Letizia Mariotti