Au détour d’une rue, à Berlin, Cologne, ou Stuttgart, votre œil a peut-être été attiré par un pavé pas comme les autres, un pavé doré. Dessus, l’inscription “Hier wohnte…“, suivie d’un nom et d’une date, celle de l’arrestation et de la mort d’une victime du nazisme. Depuis 1997, l’initiative est bien accueillie, mais est loin, à Munich, de faire l’unanimité.
La capitale de la Bavière n’occulte pas les dimensions de son passé liées aux chemises brunes du nazisme. La nouvelle synagogue ouvrira ses portes le 9 novembre, et pour rendre hommage aux victimes, Munich est au diapason du pays en matière de commémoration : musée juif, cimetière juif, place des victimes du national-socialisme, œuvres d’art... Étrangement, la ville reste réfractaire à une initiative lancée par le sculpteur Gunter Demnig.
Cet artiste de Cologne s’est fait connaître par ses Stolpersteine. Littéralement des pierres « sur lesquelles on bute » et consacrées à la mémoire de toutes les victimes du nazisme. « Les Stolpersteine sont des petits pavés en laiton de 10x10 cm. Y sont inscrits le nom du déporté, la date de son arrestation et son destin. Je pose moi-même ces pierres devant la porte des maisons où ont vécu les victimes du nazisme. » explique le sculpteur. Pour 95 euros, chacun peut participer au devoir de mémoire. Agé de 59 ans, Gunter Demnig est aujourd’hui demandé partout. Il a déjà posé plus de 9 000 pierres dans plus de 190 villes d’Allemagne. Il est également passé par l’Autriche. Budapest et Rome se sont manifestées. Paris, Amsterdam, Copenhague devraient suivre.
Munich résiste encore. Mais oppose des arguments solides par la voix de son maire, Christian Ude : « Dans les petites villes, il est possible d’honorer la mémoire de 100 jusqu’à 200 victimes du nazisme. Mais Munich compte plus de 4 500 victimes juives. Je doute que quiconque puisse financer 4 500 Stolpersteine. Un si petit nombre de Stolpersteine à Munich ne serait-il pas une terrible minimisation de l’horreur ? » En ce sens, le maire est rejoint par la présidente du comité du culte juif à Munich et du Conseil Central des Juifs, Charlotte Knobloch ( voir interview ci-dessus, NDLR). Celle-ci évoque l’image de passants marchant sur les pavés et salissant ainsi la mémoire des déportés juifs. Un pavé dans la mare ?
Julien Bels, Munich
www.stolpersteine.com
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je viens d'entendre en screaming sur ce sujet l'excellente émission de Zoe Varier sur France Inter.
vous pouvez l'écouter pendant quelques semaines encore à cette adresse :
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/nousautres/index.php