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 Comment réussir sa photographie pour la puce du passeport électronique...
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La Coupe du monde de football avait déjà enclenché le processus, mais après la découverte de bombes dans les trains régionaux de Coblence et Dortmund le 31 juillet dernier, les mesures sécuritaires en Allemagne se sont sensiblement durcies. Banque de données antiterroristes, passeports biométriques et systèmes de vidéosurveillance intelligents feront bientôt partie du quotidien allemand.
« Celui qui n’a rien à cacher n’a rien à craindre ». Cet argument choc des partisans d’un renforcement de la sécurité intérieure n’est pas sans rappeler le roman « 1984 », dans lequel George Orwell dressait avec une étonnante lucidité le portrait d’une société future, où les moindres faits, gestes et même pensées seraient surveillés par un Big Brother omniprésent…
En Allemagne, la plupart des aéroports, gares et tramways sont depuis longtemps placés sous vidéosurveillance. 24 heures sur 24, les caméras observent et enregistrent le passage des usagers. Bientôt, elles pourraient même analyser instantanément les données biométriques des visages, données qui pourraient ensuite être comparées à celles d’un fichier antiterroriste centralisé… Une utopie en passe de devenir réalité depuis que les caméras de la gare de Cologne ont permis d’arrêter un des poseurs de bombe du 31 juillet.
Selon le gouvernement allemand, les récents événements ont révélé que l’Allemagne n’était pas suffisamment préparée face à la menace terroriste. L’une des mesures envisagées est l’extension du réseau de vidéosurveillance. Et elle n’est pas du goût de Bettina Sokol, chargée par le gouvernement de la protection des données pour la région rhénane : « la vidéosurveillance n’empêche pas des attentats de se produire, elle peut tout au plus apporter une contribution à l’enquête. » Pour l’association FoeBud e.V., également engagée dans la protection des données, la généralisation de la surveillance vidéo profite surtout aux industriels de la branche. « Il n’est pas légitime que l’argent public disparaisse dans les caisses privées de l’industrie électronique, alors que l’efficacité de cette technique n’est pas prouvée », estime la porte-parole de FoeBud, Rena Tangens.
L’autre mesure phare discutée à Berlin est la création d’une banque de données antiterroristes, fichier commun à la police et aux services secrets. Là encore, Bettina Sokol émet des réserves : « Tout dépend des critères qui conduiront à l’enregistrement dans cette banque de données. Qu’est-ce qu’on entendra par ‘terroriste potentiel’ ? Jusqu’où seront enregistrés les ‘réseaux de relations’ ? Imaginez qu’un étudiant soit fiché simplement parce qu’il habite sur le même palier qu’un terroriste présumé… » Bettina Sokol craint en outre que ce fichier aille à l’encontre du principe de séparation prévu par la Constitution. Celui-ci n’autorise qu’un échange limité d’informations entre la police et les services secrets. Une prudence justifiée par le souvenir de l’ère nazie et des pratiques de la Stasi en ex-RDA.
L’Allemagne n’est pas un pays précurseur en matière de lutte antiterroriste. Selon un sondage réalisé fin août par l’Institut Infratest dimap pour l’ARD, 68% des Allemands ne pensent pas être un jour victimes du terrorisme. Mais ils sont 80% à approuver l’extension de la vidéosurveillance. Le durcissement des lois est en marche. Les défenseurs des libertés individuelles ont du pain sur la planche.
Anne Le Touzé
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