LE MOT DE LA FIN DE PASCAL THIBAUT
Les guerres et autres invasions sont propices aux exportations linguistiques. La France et l’Allemagne en constituent un exemple. En 1870, les troupes prussiennes découvrent de curieuses lucarnes dans les toitures françaises. Leur étonnement –« Was ist das ? » nous livrera le terme de vasistas. Soixante-dix ans plus tard, le Blitzkrieg déferle avant que l’Ersatz ne s’impose.
Quatre décennies après, les pluies acides du miracle économique et de l’industrialisation rongent les forêts allemandes. Le « Waldsterben » est né et franchit sémantiquement le Rhin pour apparaître dans la presse française. Le pays des autoroutes sans limitation de vitesse où les grosses cylindrées s’éclatent s’impose dans les esprits comme une nation écologiquement sinistrée. La prise de conscience se développe. Pour sauver la forêt, source d’inspiration de l’âme allemande Mais aussi pour se protéger des dangers réels ou supposés. Les autocollants « Atomkraft ? Nein danke ! » fleurissent sur les voitures polluantes à souhait des opposants de l’atome. Les mêmes qui à Kreuzberg votent à 150% pour les Verts et survivent en conduisant des taxis diesel puants.
En mars 1986, je passe un semestre à Mayence en pleine catastrophe de Tchernobyl, pas très loin de la frontière franco-allemande qui comme on le sait a servi de ligne Maginot antiatomique, les méchants nuages s’incrustant en Allemagne et ne franchissant pas le Rhin. A Mayence, pendant ce temps, les bacs à sable sont désertés et purifiés, les marchands de légumes jettent leurs étalages et la panique gronde. Les Français, eux, croient toujours dur comme fer à l’atome, à l’exclusion de quelques hurluberlus amateurs d’ovidés sur le plateau du Larzac.
Vingt ans après, l’Allemagne s’est encore verdit. Les écologistes ont « contaminé » le reste de la classe politique, comme le montrent les très timides rapprochements avec les chrétiens-démocrates. Les « Lodengrünen » de la CDU ne sont toujours pas majoritaires mais certains
de leurs leaders ont su surfer sur un thème porteur : le visionnaire Klaus Töpfer plongeait dans le Rhin dans les années 90 avant d’atterrir au programme de l’ONU pour l’environnement. Aujourd’hui, c’est Angela Merkel, la grande prêtresse de l’écologie made in Germany, qui fait de l’environnement un de ses thèmes phare, travaillant au corps –par arguments interposés s’entend- ses homologues récalcitrants et cherchant à faire de son pays un modèle en matière de lutte contre le réchauffement climatique.
Pascal Thibaut est correspondant de RFI. Il habite à Berlin depuis 16 ans.
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quand je lis en haut là, y'a bien écrit jusqu'au "7 novembre 2007"? non?
pourquoi y a toujours pas la nouvelle gazette en ligne?
ca date là