imprimer   13.02.2012 
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« Ich liebe dich ». C’est à peu près tout ce que le Français moyen est capable de dire dans la langue de Goethe, même parfois après sept ans d’allemand. Les innombrables rediffusions de « Sissi » et les jumelages d’après-guerre sont passés par là. De l’autre côté du Rhin, la version hardcore de Friedrich Sieburg « Baiser comme Dieu en France » fait toujours de crédules victimes.  Ca n’est sans doute pas pour rien si la « littérature » trash genre Virginie Despentes, Christine Angot et consorts est systématiquement traduite en allemand. Elle vient confirmer ce que tout le monde sait déjà de côté-ci du Rhin, les Français (et les Françaises) ne pensent qu’à ça ! Triste bilan ! Le dialogue horizontal franco-allemand mériterait mieux que ces clichés éculés. Mais il est vrai qu’ils ont des mérites divertissants dont on ne se lasse pas. Les Français voient dans les Allemandes soit des bobonnes aux jambes poilues et aux Birkenstock d’une élégance toute germanique, soit des « Emanzen » castratrices ayant sacrifié leur « Weiblichkeit » sur l’autel de la libération féministe, ou encore des nymphomanes insatiables versions Kitkatklub.

Les premières ont pour les Français les yeux de Chimène même si la réputation sulfureuse de ces dangereux séducteurs suscitent chez elles une appréhension (et une excitation) plus ou moins justifiées ; les secondes considèrent les Gaulois comme des machos réacs dont le comportement ne fait que contribuer à l’aliénation de la gente féminine ; les troisièmes enfin attendent qu’ils passent aux actes et cessent de pérorer.

Voilà pour la théorie, plus ou moins scientifique. Reste la pratique. Celle plus prosaïque mais aussi plus subtile de ces couples binationaux de plus en plus nombreux qui prennent d’assaut poussettes à la main la Kollwitzplatz. Ils ont heureusement dépassé le stade du « Je t’aime. Moi non plus » version germano-gauloise pour se crêper le chignon à propos des sujets essentiels qui fondent les relations franco-allemandes : peut-on ou non manger chaud deux fois par jour ? Ou encore, doit-on ou non allaiter son enfant jusqu’à ce qu’il rentre au CP ?








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Jean-Patrick REVEL, avocat bilingue franco-allemand.
Rechtsanwalt – Fachanwalt f. Familienrecht
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