Au plus tard avec l’arrivée de l’heure d’hiver fin octobre, les nuits boréales envahissent Berlin. Les étrangers, fraîchement ou moins fraîchement installés, le disent tous : l’hiver berlinois constitue une épreuve. La surmonter, c’est déjà mériter son autorisation de séjour…
En décembre, l’exil prussien devient plus supportable. L’Avent débarque et envahit la ville. Noël en Allemagne, c’est non seulement deux jours fériés, mais aussi un mois de traditions et autres joyeusetés. Les marchés de Noël poussent comme des champignons, version basique, la plus fréquente, chic sur le Gendarmenmarkt, judéo-chrétienne à côté du musée juif ou internationale à Dahlem. Durant un mois, la cannelle et le vin chaud se livrent un duel olfactif serré avec les effluves de saucisses grillées.
Et la "Gemütlichkeit" traditionnelle que symbolisent ces petits cabanons illuminés se retrouve dans les foyers. Les couronnes de l’Avent et leurs quatre bougies rouges, les pyramides du "Erzgebirge", les calendriers et les cafés du dimanche avec Stollen et petits gâteaux à la cannelle où l’on invite les amis. La version Hardcore prévoit aussi des chants traditionnels qu’interprète la famille. Les enfants ont leur Noël avant l’heure grâce à Saint Nicolas et ses friandises, à moins qu’il n’envoie son père Fouettard, le valet Ruprecht pour les moins sages. Sans oublier les décorations, de plus ou moins bon goût sur les fenêtres et les façades. Je vous conseille à cet égard une excursion à Neukölln, qui se transforme durant quelques semaines en Las Vegas, les palmiers en moins.