Que n’a-t-on pas déjà écrit sur la crise d’EADS et les misères de l’A- quelque chose, dont la salade de câbles ressemble à un nœud gordien franco-allemand que les super-patrons de l’entreprise n’arrivent pas à démêler ! Aux erreurs entrepreneuriales s’ajoutent les difficultés d’une construction bicéphale, une sorte d’aigle à deux têtes –pardon, un aigle et un coq- aux tonalités parfois dissonantes, sans oublier au jour le jour les petites misères de ce que les spécialistes appellent le « management interculturel ».
Pour faire simple, Français et Allemands ne travaillent pas tout à fait de la même manière ce qui provoque malentendus et frictions. Les premiers sont des acrobates de première qui improvisent face à des difficultés non prévues et restent flexibles dans l’adversité. Les seconds planifient tout par le menu réfléchissant en détail à tous les scénarios catastrophe, et se révèlent déboussolés lorsqu’une hypothèse non retenue surgit au coin du bois.
Le Français mène plusieurs tâches de front, s’interrompt et change d’occupation ; l’Allemand se consacre concentré à une tâche.
Et quand Français et Allemands travaillent ensemble, les habitudes des uns peuvent contrarier celles des autres. Une réunion de travail allemande est planifiée par une « Tagesordnung » précise, la discussion aboutit à des décisions collectives. En France, on débat, peut-être plus brillamment, sans que du concret ressorte forcément de la rencontre. Le patron souverain décide ensuite seul.
Un déjeuner d’affaires regorge de malentendus interculturels. Le Français veut d’abord faire la connaissance de son interlocuteur, le jauger en parlant de choses et d’autres ; l’Allemand sort son dossier Leitz et attaque de front la négociation. Le clash est préprogrammé. Et les faux amis font le reste. Le « Konzept » allemand c’est du solide, construit, logique, argumenté ; le concept français, c’est une idée, un trait de l’esprit, une proposition sans conséquence.
Autant dire que pour réussir dans les affaires entre la France et l’Allemagne, il ne suffit pas d’être un manager bien sous tous rapports. Connaître les us et coutumes du voisin, c’est mieux. Sauf à passer en force tel Alexandre tranchant le nœud gordien. Mais ce genre de succès n’est que de courte durée.
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Heureusement que ce ne sont que des préjugés.. certes la bataille pour le pouvoir est dans le cas de EADS grave et déplorable, mais à force de médiatisation on ne devrait pas ressortir les éternels clichés qui éclipsent toutes les PME franco-allemandes qui fonctionnent à merveille.
c´est bien vrai!
l´allemagne est un des rares pays où les francais sont présents pas seulement à travers les grands groupes mais avec plein de petites boîtes...et ca marche plutôt bien!
c´est d´ailleurs aussi vrai pour la présence allemande en france...mais c´est + habituel pour les boîtes allemndes de tailles moyennes d´être à l´étranger