

Art à vendre...
« Le salon d’art contemporain, Art Forum, n’a rien à voir avec la réalité du marché de l’art en général, et en Allemagne en particulier : il exprime une réalité sociale et non économique… » affirme Stefanie Stallschus, professeur à l’Ecole d’Art et de Média de Cologne. Avec plus de 37 000 visiteurs l’an passé et près de 120 galeries représentées, venues de 25 pays, la onzième édition de l´Art Forum de Berlin qui ouvrira ses portes dans l’immense Messegelände à l’ouest de la capitale fédérale le 29 septembre prochain. Elle s’est fixée pour but de devenir l’un des évènements incontournables sur la scène internationale des rencontres et des découvertes en arts plastiques.
Avec pour thématique le « Big city lab », le laboratoire de la grande ville, la directrice artistique d´Art Forum, Sabrina van der Ley, promet d’affirmer l’importance de Berlin face aux autres salons en Europe et aux Etats-Unis. Mais Berlin, à la fois grande métropole européenne et No man’s Land qui peine à affirmer sa position de capitale face aux autre grandes villes allemandes, cherche, malgré le manque d’investisseurs et un taux de chômage catastrophique, à s’imposer en tant que métropole culturelle et laboratoire artistique alternatif.
« Cologne, ou même Düsseldorf, ont été prises de vitesse au cours de ces dernières années. Berlin est véritablement devenu un aimant pour les artistes, non seulement allemands, mais du monde entier. La plupart des jeunes galeristes décident d’ouvrir leurs portes ici plutôt qu’ailleurs. Et ceci n’a pas simplement à voir avec le fait que Berlin soit devenu un phénomène de mode. Ces galeries veulent faire de l’argent, elles investissent dans le potentiel créatif de cette ville, et il va durer ». Sabrina van der Ley croit au devenir artistique de Berlin, à sa capacité à s'affirmer comme centre névralgique de la création européenne. L’atout de la capitale allemande est d’être un lieu de rencontre, de vie et de mise en réseau, très prisé par un grand nombre de plasticiens.
Beaucoup de collectionneurs commencent à porter leur attention sur une nouvelle génération d’artistes. Le paradoxe de Berlin est à la fois son atout et son talon d’Achille: les artistes allemands qui émergent ici semblent mieux s’exporter, qu’ils ne se vendent dans leur propre pays. D'autre part, beaucoup de grandes galeries internationales (tel que la Malborough Fine Art Gallery, présent aux Etats-Unis et en Europe) ou des salles de ventes (tels que Sotheby’s présent dans le secteur de l’art contemporain) rechignent à installer une succursale représentative dans la nouvelle capitale.
Mais une nouvelle réalité se fait jour. Le phénomène de globalisation atteint aussi le marché de l’art. Les grands salons et foires qui semblaient institués, tels qu´à Bâle ou Cologne, ont été mis sous pression avec l’apparition de nouveaux marchés d’importance à Miami, Houston, San Francisco, Séoul, ou encore Shanghai, qui attirent bon nombre d’artistes très réputés (Néo Rausch, l’un des principaux représentants de l’école de Leipzig, ou encore Janny Savile, peintre britannique en ascension constante).
La chance de Berlin sera de refléter en ce sens, non la réalité d’un marché, d’un point de vue économique, mais d’incarner, dans l’une des villes les plus jeune d’Europe de l’ouest, une réalité sociale et culturelle en devenir, un espace de projection de la création artistique qui comptera pour demain, et qui à terme pourra faire de cette ville protéiforme un vivier indispensable pour les acteurs économiques du marché de l’art.
Selim Rauer
Art Forum Berlin 2006 : du 29 septembre au 4 octobre 2006 – Deutschlandhalle, Messedamm 26 – 14055 Berlin
Renseignements : +49 (0)30 3038 – 2076/77
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en fait le truc c'est creer et vivre a Berlin et vendre en Suisse ou a paris!