imprimer   23.05.2012 
N°. 36Accueil / EmpfangAgendaDie Gazette1. Quartal 2012Die Gazette 2011Die Gazette 2010Die Gazette 2009Die Gazette 2008Politique 20121e Trimestre 2012Politique 2011Société 2012Société 2011EconomieMédias-comScènesExpositionsLivresCultureCinémaMusiqueSportLieuxEntrevuesPhoto de la semaineVos commentairesBlogsNos conseils BlogsSur nos blogs...Créez votre blog!ArchivesNos archivesChronique historiqueL'équipeQui sommes nous?Wer sind wir ?Who are we ?KTO мы ?Fixeur à Berlin ServicesLaisser une annonceInfolettre & RSSPetites AnnoncesPublicité / WerbungAnnonceursLiens / LinksContactImpressum











Volker Meyer-Dabisch dans son documentaire Open Souls revient sur une page souvent oubliée de l’histoire du racisme en Allemagne : les métis issues de la présences de soldats noirs dans les force américaines présentes en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Des Allemands trop sombres dont l’histoire rappelle celle des « Bâtards de Rhénanie » nés de pères tirailleurs sénégalais vingt ans plus tôt. Le film sort dans certaines salles de Berlin, Munich, Bamberg ou Erlangen le 15 décembre. A Berlin, c'est au cinéma Moviemento que ce film sera montré.




"Qu'est-ce que c'est? Une fille en chocolat?". Telle est la reaction de la tante de Toxi (film, 1952), confrontée au nouveau membre de famille.

Selon les estimations du Statistische Bundesamt (office fédéral allemand de statistique), environ 100.000 enfants sont nés de relations (d’autres sources évoquent 220.000 enfants) entre soldats américains et jeunes femmes allemandes après la Seconde Guerre mondiale. Souvent, en tant qu’enfants des occupants, ces enfants ont été rejetés dans leurs communes. Evidemment, pour les enfants dont les pères étaient d’origine africaine ou afro-américaine, la vie était encore plus difficile. Les femmes, qui avaient couché avec ces soldats étaient couramment traitées de «putes de nègres ».

 

Belle illustration des a priori de l’époque, en 1952, la députée CDU, Luise Rehling pensait que ces métis n’étaient pas intégrables dans la société allemande. Selon elle, le climat européen n’était pas approprié à ces enfants. L’élu du peuple oubliait que les pères de ces enfants pouvaient également venir du nord des États-Unis, où il fait encore plus froid qu’en Allemagne.

 

Le film de fiction Toxi de la même année, raconte l’histoire d’un « Mischlingskind » un enfant métis, qui à la fin se trouve réuni avec son père aux États-Unis. Une solution acceptable aux yeux des allemands d’alors. Dans les faits, environ 7000 bébés métis seront effectivement adoptés par des parents afro-américains. Les mères allemandes, en cas d’adoption, n’ayant souvent plus eu la possibilité de renouer contact avec leurs enfants, même après des décennies. Arrivés aux États-Unis, ces enfants, se retrouvaient dans un pays, qui lui-même n’avait toujours pas aboli la ségrégation (qui n'interviendra qu'en 1964).


Deux parcours douloureux

 

Au lieu d’opter pour une trame narrative chronologique, le metteur en scène berlinois de documentaires Volker Meyer-Dabisch (Love, Peace & Beatbox, Der Adel vom Görli) poursuit un style subjectif. Dans le film, deux métis issus de ces unions de l’après-guerre, racontent leurs vies, sans aucun commentaire en voix-off. Les deux sont nés, comme beaucoup de leurs compagnons d’infortune, dans la prison pour femmes d’Aichach en Bavière. Entre 1945 et 1955 environ 5000 métis sont nés en Allemagne, souvent de « mères célibataires », jeunes, alcooliques, prostituées. Sans pères ni époux, elles sont les victimes des temps de l’après-guerre et ne profitent pas du miracle économique allemand encore balbutiant.



L’un des deux personnages suivis par le film, Rudi, grandit aux Etats-Unis. Au départ il subit des maltraitances encore nourrisson dans un orphelinat allemand. Jeune toxicomane, il se heurte aussi bien à sa famille adoptive qu’aux pouvoirs publics, qui finissent par l’expulser des Etats-Unis, dont il n’a jamais obtenu la nationalité. Aujourd’hui, comme nous le montre le film en détail, Rudi s’est libéré des drogues et travaille dans le secteur social à Londres. L’homme très charmant et charismatique, inspire le titre du film, Open Souls. Dans un poème, écrit par Rudi dans sa jeunesse, il décrit son sentiment, d’avoir l’âme ouverte. Ses blessures, intérieures, accumulées tout au long de sa vie, sont visibles à ceux qui ont vécu les mêmes souffrances. En un regard, ces âmes ouvertes se reconnaissent les unes les autres, dans leur désarroi.

 

L’autre témoin, Alberto, enfant d’une allemande et d’un soldat américain d’origine latino-américaine, a grandi en Bavière. Séparé de sa mère et de sa sœur, il vit sa prime enfance, caché dans la maison de son grand-père maltraitant, qui l’humilie et le frappe au point de presque le tuer. Finalement, il est sauvé par les services de l’assistance sociale à l’enfance et la jeunesse, qui le placent dans un orphelinat. Mais là aussi, il est victime des éducatrices. Un jour, l’une d’elles le force à se laver les mains, qu’elle juge crasseuses. Ne parvenant pas à faire blanchir ses mains au teint halé, l’enfant explique qu’il s’agit de sa pigmentation naturelle. Jugeant son explication peu convaincante, elle le gifle. Aujourd’hui, le timide Alberto vit à Berlin et reste toujours à la recherche de sa sœur – malgré les difficultés posées par l’administration allemande. Il semble que, même 55 ans après sa naissance, l’Allemagne qui a déjà tellement fait souffrir Alberto, et qui prétend avoir tellement changé depuis les injustices commises, ne tienne pas à faciliter un rapprochement avec sa sœur.

 

Céline Deligny

14.12.2011

 

Trouvez plus d'informations sur les thèmes de cet article dans les livres suivants:

 

Schwarze Deutsche: der Diskurs um „Rasse“ und nationale Identität 1890-1933, Fatima El-Tayeb, Campus Verlag 1999.

 

„Sterilisierung der Rheinlandbastarde“. Das Schicksal einer farbigen deutschen Minderheit 1918–1937., Reiner Pommerin, Droste, Düsseldorf, 1979.

 

Heinrich Distler, Das deutsche leid am Rhein: ein Buch der Anklage gegen die Schandherrschaft des französischen Militarismus, W. Köhler, 1921

 

Gisela Lebzelter: Die „Schwarze Schmach“. Vorurteile - Propaganda - Mythos. In: Geschichte und Gesellschaft. 11, 1, 1985

 

Hans-Jürgen Massaquoi: „Neger, Neger, Schornsteinfeger!“ Meine Kindheit in Deutschland. Mit einem Nachwort von Ralph Giordano. Aus dem Amerikanischen von Ulrike Wasel und Klaus Timmermann, Droemer Knaur, München 2001




Eugen Fischer ici en 1934. Avant de vouloir stériliser les métis de Rhénanie, le sympathique médecin s'était illustré dans le contexte colonial et génocidaire de l'Afrique du Sud-Ouest (Namibie), voir notre article : www.lagazettedeberlin.de/index.php

"Bâtards de Rhénanie" : une autre histoire... franco-allemande

 

Ces événements rappellent étrangement le destin des « Rheinlandbastarde » (les bâtards de Rhénanie) deux décénies auparavant, pendant l’occupation d'une partie de l’Allemagne par les Français, les Anglais, les Belges et les Américains à partir de 1919.

 

Entre la Première et la Seconde Guerre mondiale, on appelle bâtards de Rhénanie les enfants issus de relations entre femmes allemandes et soldats français. Ces soldats étaient aussi souvent d’origine africaine - les fameux "Tirailleurs sénégalais" (dans les faits originaire de toute l'Afrique de l'Ouest) ou de troupes provenant d’autres colonies françaises - stationnés en Rhénanie et dans la Sarre. La présences de jeunes Allemands à la peu si foncée ne cadraient bien sûr pas avec le délire racial national-socialiste. Ces enfants ont eu à faire à des degrés différents de l'absurdité de l'époque, certain ayant été stérilisés, quant aux mères, elles ont étés aussi victimes de persécutions. Ces destins ont été évoqués à travers travers une histoire fictive mais réaliste et crédible dans le roman "Galadio" de Didier Daeninckx (paru en 2010).

 

Adolf Hitler, en 1925 dans Mein Kampf avait même prétendu que la décision de l’armée française de stationner des soldats d’origine africaine en Rhénanie, dérivait d’une motivation juive de détruire "la race arienne allemande". La propagande nationale-socialiste qualifiera ces enfants de « couvée pourri de bâtards » (« faulige Bastardbrut »). Il fallait donc limiter cette "bâtardisation" de la Rhénanie. Sous la direction d’Eugen Fischer et de Fritz Lenz – deux anthropologues et « hygiénistes de race » (« Rassenhygieniker »), près de 400 enfants furent stérilisés à partir de 1937. D’autres métis seront déportés dans les camps de concentration.

 

Certains racistes allemands qualifièrent alors la présence des soldats africains d'infamie noire (Die schwarze Schmach). Des affiches, discours, romans de gare et caricatures dénonçaient une supposée libido incontrôlée des soldats africains. Des soldats souvent accusés de viols alors que dans les faits, les environ 400 enfants nés de ces unions, furent pour l'essentiel le fruit de relations librement consenties, parfois dans le cadre de la prostitution, à laquelle les soldats d’autres origines avaient tout aussi bien recours.

 

Pour donner une idée de l'état d'esprit des Allemands de l'entre deux guerres cet extrait tiré d'un journal médical en 1920 est édifiant :

"Devons-nous supporter, que sur les bords du Rhin à l'avenir, au lieu d’entendre les chansons des Allemands blancs, beaux, élancées, judicieux, actifs et sains, nous entendrons le bruit croassant des voix des mulâtres balourds aux fronts bas et aux gueules larges presque animales ? " (Ärztliche Rundschau 47, 1920).

 

C.D.









resultats entre 1 et 1 de 1
 

cosmik /// Donnerstag, 15-12-11 12:48

Et lire aussi, à partir de 13 ans, le roman "Galadio" de Didier Daeninckx (Gallimard, 2010).
Article sur le livre sur le site de rfi : http://www.rfi.fr/contenu/20100521-galadio-didier-daeninckx

 
 

Ins Gästebuch eintragen

 

Image CAPTCHA pour prévenir l'utilisation abusive
 
 

La Gazette sur les réseaux sociaux : "déjà plus de 4300 "j'aime" qui suivent l'actu de La Gazette sur Facebook et plus de 1700 sur Twitter" "déjà plus de 4300 "j'aime" qui suivent l'actu de La Gazette sur Facebook et plus de 1700 sur Twitter"

Google
Web La Gazette
Blogs Facebook

Festival Francophonic à Berlin


Prix d'honneur Louise Weiss du journalisme européen.




Jean-Patrick REVEL, avocat bilingue franco-allemand.
Rechtsanwalt – Fachanwalt f. Familienrecht
Beer, Gastl & Partner
Schloßstraße 17
13467 Berlin
Tel. +49 (0)30 810 335 620
www.ra-revel.de

Faites votre pub ici!

Auberges de Jeunesse à Berlin



KOCH KARIMI
Cabinet d’avocats franco-allemand
(Berlin – Paris)
Rechtsanwälte, in Deutschland und Frankreich zugelassen

MEDIATIS
Faire un crédit pour financer ses études à l'étranger

JOBISJOB
Toutes les offres d’emploi à Berlin et partout en Europe





LEO - Dictionnaire