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 A l´Oktoberfest, même les chevaux se laissent aller...
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Le Lederhose, costume masculin typiquement bavarois, est-il indispensable pour l’Oktoberfest ? Felix, jeune habitué allemand, répond sans complexe : « C’est le seul vêtement que tu peux porter quatorze jours de suite sans avoir à le laver ! » Acquérir son costume, c’est déjà mettre un pied dans la fête. Pour les femmes, la Dirndl, sorte de bustier traditionnel, est tout aussi importante. Chez Angermaier, boutique spécialisée dans les vêtements traditionnels à Munich depuis 60 ans, le rush commence dès la mi-juillet pour gagner en intensité au cours des semaines suivantes.
Les visiteurs de l’Oktoberfest ont quatorze jours pour étancher leur soif, seize cette année (16 septembre au 3 octobre), grâce au pont de la fête nationale. Chaque année, ils sont plus de 6 millions à consommer au moins 60 000 hectolitres de bière, 33 000 litres de vin et 25 000 bouteilles de Sekt. Pour la cuvée 2006, il faudra dépenser davantage. Le prix de la bière a augmenté de 3,7% par rapport à 2005.
Et selon la tente qu’on choisit, le prix de la Mass, verre d’un litre, peut passer de 6,95 à 7,50 euros. "C’est une question de standing" prévient Véronique, Suissesse mariée à un Allemand. "Si vous êtes du monde d’Oliver Kahn (gardien de but du FC Bayern, ndlr), allez à l’Hippodrom. C’est la tente des Chicky-Micky.(VIP et bobos allemands) " Félix, lui, a inscrit la Schützen-Festhalle et Schottenhamel parmi ses favorites. Question d’ambiance.
Entre 10 et 22h30, c’est bière à volonté, sans aucune retenue. Le public, une fois lâché dans les allées de l’Oktoberfest par un service d’ordre intransigeant, peut se consacrer aux attractions, dont la grande roue est le point culminant. Et la Croix-Rouge, elle, commence déjà à évacuer les plus défaillants de l’une des quatorze grandes tentes.
Pour éviter les débordements, une Mass pouvant rapidement devenir une arme redoutable, les forces de l’ordre veillent au grain. Elles tentent aussi de mettre la main sur les nombreux pickpockets et tiennent un carnet de bord parfois bien épicé des infractions constatées. Il y a deux ans, elles avaient eu à réguler les files d’attente… des toilettes. Depuis, de nouvelles commodités ont été dressées : 964 places assises, ce qui ne réduit pourtant pas l’interminable attente.
Au-dessus de ce monstrueux bouillonnement, Munich se frotte le ventre. L’Oktoberfest a généré plus de 955 millions d’euros en 2005, dont 449 millions sur la Theresienwiese, où s’est tenue la première en 1810, le reste provenant des bénéfices tirés de l’hôtellerie ou encore des transports.
Copiée dans le monde entier mais jamais égalée, la Wiesn fait se déplacer les continents. Japonais, Américains, Australiens sont parmi les plus assidus. Les Italiens montent à l’assaut de la Bavière au volant de leurs camping-cars, provoquant parfois l’exaspération des Munichois. « Dans les allées, on n’entend parler qu’italien. On n’a plus l’impression d’être à Munich », s’agace Felix. Un week-end leur est d’ailleurs consacré. L’occasion que choisit Ines, jeune Allemande de 23 ans, pour rester chez elle. « C’est beaucoup moins bien quand ils sont là. L’ambiance est moins bon enfant », boude-t-elle.
Trouver une place sous une tente - même dans la Hofbräu comptant pourtant 10 000 "places assises" – n’en devient que plus ardu. Mais tout est question d’astuce. « Le mieux, c’est d’avoir des amis déjà installés dans une tente, explique l’espiègle Bérengère, jeune mère de famille française. On les alerte par SMS, ils viennent nous chercher… Pas besoin de faire la queue. » Et là, la fête peut commencer.
Julien Bels
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