

1. Quel est votre rapport personnel à l’Allemagne ?
J'ai toujours éprouvé un vif intérêt pour l'Allemagne, pays central dans l'histoire comme dans la géographie de notre continent, qui est unie avec la France par tant de liens, historiques, politiques, économiques, culturels. C'est pourquoi j'ai tenu à ce que mon premier déplacement de Président de la République, le jour même de mon entrée à l'Elysée, soit pour l'Allemagne. Depuis, tout au long de mon mandat, j'ai travaillé étroitement et en confiance avec la Chancelière Angela Merkel, pour qui j'éprouve beaucoup d'admiration et une profonde amitié. L'Allemagne a fait, au cours de la décennie écoulée, des réformes impressionnantes avec constance et détermination. Les Allemands l'ont accepté avec courage. Je n'ai pas hésité à dire aux Français à quel point je considérais que nous devions nous inspirer de ce qui avait été fait en Allemagne pour renforcer une industrie très compétitive et de très grande qualité, tout en restant fidèle au principe de l'économie sociale de marché. La France a pris du retard et nous devons le combler. Nous avons commencé à le faire au cours des cinq dernières années et je suis déterminé à poursuivre cet effort.
2. Quelles visions avez-vous des relations franco-allemandes ?
L'entente entre la France et l'Allemagne est indispensable à la construction européenne. C'est sur la réconciliation entre nos deux pays que s'est bâtie l'Europe. Le traité de l'Elysée conclu entre le général de Gaulle et le Chancelier Adenauer en a été le symbole. C'est le moteur franco-allemand qui permet à l'Europe d'avancer. Cela ne veut pas dire que la France et l'Allemagne aient plus de droits que les autres pays européens ; au contraire, elles ont plus de devoirs : elles ont le devoir de travailler sans relâche à surmonter leurs différences et leurs divergences pour unir leurs forces au service d'une Europe plus forte. Lorsque la France et l'Allemagne sont divisées, l'Europe est bloquée. Lorsque la France et l'Allemagne s'entendent, l'Europe avance. Ce n'est pas facile parce que l'Allemagne est la première puissance économique du continent, la France la deuxième et que nos traditions politiques, administratives, intellectuelles sont souvent très différentes. Au commencement d'une négociation, la France et l'Allemagne sont souvent sur des positions opposées ! La force de la relation franco-allemande, c'est que nous savons que nous n'avons pas le droit d'en rester à ce constat et que nous savons que nous avons d’autant plus le devoir de nous comprendre et de trouver des compromis, que ceux-ci sont souvent proches du point d'équilibre européen. C'est ce que nous avons fait avec la Chancelière Merkel en particulier pendant la crise de l'euro : face à une crise d'une violence sans précédent, qui aurait pu emporter le coeur de la construction européenne, l'entente particulièrement étroite entre nous a été cruciale. Rien n'aurait été possible sans cela. Je suis déterminé à poursuivre dans cette direction. Je pense même que lorsqu’il est trop difficile d’aller de l'avant à 27, il faut que l’Allemagne et la France montrent la voie : c'est pour cela que nous avons décidé de réaliser l'harmonisation fiscale entre nos deux pays sans attendre. L'entente franco-allemande est indispensable pour nos deux pays et pour l'Europe toute entière.
3. Quelles sont vos propositions pour les Français de l'étranger?
J’ai souhaité dès 2007 que les Français de l’étranger, qui sont plus de 2 millions, soient désormais considérés comme des Français à part entière. C’est pourquoi nous avons entrepris plusieurs réformes d’ampleur, afin que la communauté nationale reconnaisse aux Français expatriés plus de droits. Les Français de l’étranger seront d’abord ainsi représentés par 11 députés dans la prochaine Assemblée nationale. Le gouvernement a mis en place la gratuité pour la scolarité des enfants au lycée, tout en augmentant les bourses de 20% depuis 2007. Des programmes immobiliers ont été lancés sur tous les continents pour accompagner cette mesure. Cela nous permettra d’aller plus loin et d’élargir la gratuité au-delà du seul lycée, avec la même méthode progressive que celle mise en place en 2007.
J’ai également renforcé notre capacité à assurer la sécurité des Français à l’étranger en créant le centre de crise du ministère des affaires étrangères en 2008. Notre politique en la matière est simple : la France est toujours aux côtés de ses compatriotes pour les protéger. C’est pour moi une priorité.
Par ailleurs, je souhaite que le service public soit toujours plus réactif et efficace pour aider les Français de l’étranger. Le service public consulaire continuera d’être modernisé et pourra être redéployé en faveur des régions du monde où la démographie des Français de l’étranger est la plus dynamique. La carte consulaire ne fera toutefois l’objet d’aucune réduction au total. Je propose par ailleurs de mettre en place un guichet unique de toutes les administrations en France pour faciliter l’expatriation et le retour des Français qui voudraient connaître une expérience en-dehors de nos frontières : les démarches seront ainsi facilitées et les obstacles administratifs au départ ou au retour singulièrement réduits.
Enfin, je souhaite que les Français expatriés, qui travaillent à l’étranger et sont des fers de lance de la France, soient davantage valorisés et leur réussite professionnelle citée en exemple. L’élection des députés en juin prochain permettra de mieux connaître les réalités de la vie de nos compatriotes de l’étranger.
Nicolas Sarkozy

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Réponses des autres candidats :
- Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière)
- François Bayrou (Mouvement Démocrate)
- Jacques Cheminade (Solidarité & Progrès)
- Nicolas Dupont-Aignan (Debout La République)
- François Hollande (Parti Socialiste)
- Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts)
- Marine Le Pen (Front National)
- Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche)
- Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste)
- Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement Populaire)