

1. Quel est votre rapport personnel à l’Allemagne ?
Au collège, j'ai étudié l'allemand et j'ai même eu un correspondant qui habitait Stuttgart. J'avais alors, sur l'Allemagne, le regard curieux d'une adolescente. Quand je me suis politisée, je me suis beaucoup intéressée à l'histoire de l'Allemagne qui a été un des berceaux du mouvement communiste.
Je retiens des aspects largement oubliés de l'histoire de l'Allemagne, comme toutes ces décennies de la fin du 19e siècle pendant lesquelles Berlin était « la ville la plus rouge d'Europe », ces générations successives de militants d'une social-démocratie combative et puissante, de sorte que les travailleurs étaient fiers d'appartenir à la seule classe productrice, utile de la société. L'Allemagne pour moi, c'est encore Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Clara Zetkin et des milliers d'autres, un mouvement ouvrier fort, conscient, très organisé, les révolutions de 1918-1919, 1923, qui, si elles l'avaient emporté, auraient pu ouvrir devant l'humanité un monde débarrassé des guerres, de l'oppression, en un mot de la barbarie capitaliste.
2. Quelles visions avez-vous des relations franco-allemandes ?
Les relations franco-allemandes à la tête de l'Etat, puisqu'il est beaucoup question actuellement en France du couple « Merkel-Sarkozy », sont des relations essentiellement contre les peuples, leur but principal est de s'attaquer aux classes populaires d'Allemagne, de France et des autres pays, ce dont on voit un exemple particulièrement dramatique actuellement en Grèce. Vis-à-vis des pays fragilisés par la crise, la France et l'Allemagne se sont comportées comme en pays conquis.
Par contre s'il s'agit des relations entre les travailleurs des deux pays, en particulier pour se défendre ensemble et apprendre à rendre les coups, là je dis oui. Les travailleurs de Continental de France et d'Allemagne s'étaient retrouvés ensemble pour protester contre les licenciements et la fermeture de l'usine de Clairoix. Des ouvriers allemands disent parfois qu'il faudra qu'ils apprennent à « parler français », et quand ils disent cela c'est dans le sens qu'il faudra se battre collectivement, faire grève, et ma vision est bien celle-là : celles des exploités de toutes les régions du monde qui se mettent en lutte ensemble contre les attaques du patronat et des gouvernements à son service.
Le programme que je défends en France en ce moment est valable aussi pour l'Allemagne, où la population souffre des mêmes fléaux : il faudra imposer l'interdiction des licenciements collectifs et la répartition du travail entre tous sans perte de salaire, l'échelle mobile des salaires (en cette période où les prix montent tandis que les salaires stagnent ou diminuent) et le contrôle de l'économie par les travailleurs.
3. Quelles sont vos propositions pour les Français de l'étranger?
Je suis pour la libre circulation des personnes et la liberté de s'installer n'importe où dans le monde (aujourd'hui c'est le cas pour les marchandises et les capitaux, beaucoup moins pour les êtres humains). Les Français ont la possibilité et le droit de vivre dans la plupart des pays du monde, et la première des choses à imposer serait la réciprocité : que de même les étrangers aient le droit de s'installer partout et de chercher par exemple en France ou en Allemagne, s'ils le souhaitent, de meilleures conditions de travail et de vie.
Nathalie Arthaud

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Réponses des autres candidats :
- Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière)
- François Bayrou (Mouvement Démocrate)
- Jacques Cheminade (Solidarité & Progrès)
- Nicolas Dupont-Aignan (Debout La République)
- François Hollande (Parti Socialiste)
- Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts)
- Marine Le Pen (Front National)
- Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche)
- Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste)
- Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement Populaire)