

Elle est rentrée et c’est là qu’elle l’a vu. Il se tenait au milieu du couloir, ses yeux inexpressifs posés sur elle. Elle s’est mise à regarder autour d’elle en se demandant si le décor, l’appartement entier n’allait pas disparaître, se résorber, si elle ne se réveillerait pas le visage en sueur, encore effrayée mais rassurée de voir que tout cela n’était qu’un rêve étrange. Mais les murs n’ont pas bougé d’un pouce, stoïques, hypnotisés par ces yeux fixes, curieusement sereins. Elle aurait voulu appeler à l’aide, fuir, mais quelque chose l’en empêchait : Peut-être, l’orgueil, l’absurdité même de la situation, ou la peur viscérale de sombrer immédiatement dans la démence… Elle a l’impression d’être le petit Danny dans Shining, explorant les corridors déserts de l’hôtel, surprenant aux carrefours des visions d’horreur. Encore que… Il n’a rien d’horrible ce petit monstre, mais, bon Dieu… qu’est-ce qu’un chien peut bien faire au milieu de son appartement ?!
Bernd sort soudain de la cuisine, une tartine de beurre coincée dans la bouche. Il ne l’a pas aperçue. Non, il se penche naturellement vers la peluche, la ramasse d’un geste assuré et s’apprête à retourner dans la cuisine comme si tout était parfaitement normal. Monique pousse un cri. Bref. Libérateur. Animal. Bernd sursaute. Il se retourne, pâle comme un suaire :
- Mais, ça ne va pas ?! Tu veux ma mort ?...
- Qu’est-ce que ce cochon d’Inde fait ici ?
- Un cocho… C’est un chien de race, madame ! Mi-Cavalier King Charles, mi-quelque chose d’autre… lui explique-t-il tout en caressant la petite bête qui, Monique pourrait en jurer, semble la regarder avec un petit sourire narquois.
- Ah… désolé. Non, non, vraiment pardon. Et que fait donc ce… « truc » chez nous ?
- Nous sommes allé le chercher aujourd’hui, avec les enfants, au Tierheim.
- Au Tier…. ? Bon, je vais ressortir. Soit je me réveille, soit le cauchemar aura eu le temps de se transformer en pub pour « déo » sur une plage de Punta Cana.
Bernd se penche sur l’animal et lui parle à l’oreille d’une voix rassurante.
- Ne me dis pas que…
- Si ! Je lui explique que tu l’aimes aussi, que tu es simplement surprise… Ces choses là sont sensibles… et rancunières !
Le chiot pousse un jappement affirmatif en direction de Monique.
Thomas et Eva surgissent à leur tour de la cuisine : lui, tenant dans ses mains un grand coussin (qui ressemble étrangement à celui que Monique a acheté récemment pour le canapé…) et, elle, un bol rempli de croquettes. Bernd les regarde passer en souriant.
- Bon. Et la chose a un nom ? demande Monique, blasée, sachant que, de toutes manières, une faction rebelle a pris le pouvoir. La démocratie est tombée. Son putsch à elle, attendra son heure.
- Oui. Lothar ! Je crois que ça lui plait…
De fait, la petite bête ronronne sous les caresses de Bernd en jetant de temps à autre des regards en chien de faïence à Monique.
- Tiens, prends-le. Je dois aller chercher du papier pour nettoyer ses premières bêtises…
Sans avoir le temps de refuser, Monique se retrouve avec la petite bête dans les mains qui la regarde toujours avec attention. Celle-ci se met à la renifler et, au bout de quelques instants, s’installe confortablement dans le creux de son bras. Monique la caresse machinalement derrière les oreilles, comme elle le faisait à son chat, Freddy, mort prématurément d’un excès de vieillesse. Lothar se retourne de plaisir et présente son ventre que Monique caresse docilement du bout des doigts.
- Tu n’es pas si moche après tout…
- Je sais ! Sinon tu ne m’aurais pas épousé…
Bernd se tient devant elle souriant, vainqueur, du papier toilettes à la main. Monique ne peut retenir un éclat de rire. Ils rejoignent leurs enfants qui préparent un vrai nid d’amour à leur nouvelle mascotte.
Monique regarde une dernière fois, le chiot qui s’est à moitié endormi dans ses bras. Elle sent que Bernd ne lui a pas tout dit. Tout cela lui paraît trop simple…
Et là, on dit : Quel flair, Monique !
Paul Flavien Enriquez-Sarano
resultats entre 1 et 3 de 3
VERMISST ESTA
1000,€; Euro Belohnung
Nach einem Autounfall am 1. Juli 2010 auf der A1
Bremen Richtung Osnabrück (Ausfahrt 55/56), Bremen
Arsten‐Wehye, wird vermisst:
ESTA des Légendes de Retz
Hündin falben, rot mit weißer Maske (Rasse: Eurasier);
Esta hat einen Chip.
Wer Esta gesehen/gefunden oder Informationen über
sie hat, bitte melden bei:
Freundschaft Hund –
Tel: 0421/9 59 41 46 oder 0175 4 10 67 67
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URGENT
Nous avons besoin de votre aide pour retrouver ESTA,
Elle a disparu en Allemagne suite à un accident de voiture survenu le 1er juillet sur l'autoroute A1 Bremen - Osnabrück.
Esta est un Eurasier de couleur fauve, masque blanc, elle porte un collier.
Des personnes se sont déjà mobilisées sur place, mais nous avons encore besoin d'un grand élan de solidarité pour la retrouver...
Une récompense de 1 000 euros sera offerte
pour qui la retrouvera.
Pour la France, merci de contacter Mme MARTINEAU
00/332.41.30.27.68 ou 00/336. 26.86.88.25
Merci d'avance de pouvoir diffuser ce message et l’affiche en Allemand (pdf)
ci-jointe à toutes les personnes de votre entourage et idéalement vos contacts en Allemagne.
MERCI D’AVANCE POUR VOTRE AIDE
Bonjour lechat,
Ce prénom intriguant ne fait pas référence au célébrissime Mister Gries de Francfort, mais bien au renommé (dans une moindre mesure...) joueur de football, Lothar Matthäus. Pour le caractère lunatique de la bête, il faudra chercher du côté d'un soir de décembre 1999, alors que j'étais à Montreal et que j'apprenais qu'un ouragan dévastait l'Europe... un autre (malheureusement, cette fois) fameux Lothar.
En tout cas, merci de votre intérêt.
Pf
"lothar" c'est un homage à un de vos journalistes en économie?