
Les quartiers Ouest de Berlin comptent depuis longtemps des jardins d’enfants franco-allemands. A l’Est, la Kiternelle (de Kita et maternelle) Domino de Prenzlauer Berg est la première du genre. Kathleen Schneider-Murandu, 29 ans et deux enfants, est l’un des membres fondateurs.
Comment fonctionne la Kiternelle ?
Notre Kiternelle est gérée par les parents. Nous accueillons une trentaine d’élèves âgés de un à six ans. 70% d’entre eux sont français ou binationaux, 30% allemands. Les enfants sont répartis en deux groupes, selon leur âge. Chaque groupe est géré par un tandem d’éducateurs français et allemands, renforcé par un mi-temps. Chaque éducateur parle dans sa langue maternelle. Un jour sur deux les activités sont en français. Les matinées sont structurées, à la française, avec des activités précises, d’alphabétisation notamment. Les après-midi sont plus libres. Le principe propre à la Kiternelle demande beaucoup de souplesse aux éducateurs. Français et Allemands doivent trouver un terrain d’entente; pas toujours évident quand on vient de cultures pédagogiques aussi différentes. Nous, parents, sommes dans le concept, eux, dans l’action.
Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?
Positif, puisque tous nos enfants ont réussi l’examen d’entrée à l’école européenne de Berlin ! La liste d’attente de Domino compte aujourd’hui 180 noms. Le problème, c’est l’argent. Avec un budget de 200 000 euros, l’année prochaine va être difficile. Nous cherchons des sponsors. Cela éviterait d’augmenter les coûts pour les parents. Nous ne voulons pas devenir une Kita de luxe. Pour l’instant, les enfants viennent de milieux sociaux très différents. Nous tenons à cette mixité.
Propos recueillis par Sonia Gonzalez
Descente dans les Kitas franco-allemandes
Transmettre la langue et la culture française à ses enfants n’est pas contradictoire avec une intégration dans la société allemande. Mais c’est un exercice difficile. Je suis français, ma femme est allemande et, pour nous faciliter la tâche, nous avons placé notre fille dans une Kita franco-allemande. A Berlin, il y a l’embarras du choix.
La rencontre avec les contraintes administratives et la gestion d’une Kita fut d’autant plus brutale : « Kopfgeld », « Personnalschlüssel » ou « Rote Karte », au-delà de la préparation des repas, il a fallu apprendre à déchiffrer le charabia de l’administration allemande et prendre en main la gestion de cette véritable petite entreprise, passant sans aucune préparation du rôle de parent - consommateur d’éducation, à celui de producteur.
Pendant trois ans, nous avons pu goûter aux interminables délices de la démocratie de base, les pro-repas bios s’opposant aux non bios, les partisans de la théorie des couleurs de Steiner s’élevant contre les harmonies méditerranéennes, enfin, les parents français exigeant une initiation précoce à l’écriture face aux parents allemands défendant le besoin de leur progéniture de rêver et de jouer jusqu’à l’âge de 6 ans.
Pour sa part, notre fille, la bienheureuse, n’a pas connu la fatigue des longues réunions, ni le stress du « Elterndienst » au pied levé, c’est-à-dire le remplacement en dernière minute d’une éducatrice malade par un parent. Entourée d’éducatrices et d’enfants eux-mêmes à cheval sur plusieurs cultures, elle a pu développer et consolider les bases d’une identité biculturelle et bilingue, essentielle pour son avenir. Finalement, pour elle comme pour nous, l’expérience fut unique et précieuse.
Thomas Schnee
Voir aussi :
>>>En quête de Kita
>>>Dans la jungle des pédagogies parallèles
>>>Microtrottoir
>>>Une politique familiale à l'abandon
>>>Du Nord au Sud et d’Est en Ouest...
>>>Des enfants en Kitas avec Hartz IV, mission impossible ?
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Ici il y a plein de liens:
http://www.kleine-gallier.de/d/Links/links.html
par exemple
http://www.connexion-francaise.com/articles/creches-et-jardins-denfants-en-allemagne
avez-vous s'il vous plaît ici en ligne une liste des crèches ou kita franco-allemandes en Allemagne?