imprimer   23.05.2012 
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L’Akademie der Kunste de Berlin s’est penchée sur l’aventure incroyable et méconnue de la création et des activités clandestines de « l’Emergency Rescue Commitee » ou « Centre Américain de Secours ».

 

Si l’exposition  retrace le parcours de ce centre, qui servit de couverture et permit l’évasion depuis Marseille de plus de 2000 personnes vers les Etats-Unis durant la Seconde guerre mondiale, elle rend surtout hommage à l’homme qui est à l’origine de cette vaste opération : Varian Fry. S’appuyant sur des documents, des photographies et des témoignages, elle retrace les étapes et les difficultés de la fuite et décrit, de façon précise, les motivations et les buts d’un homme ordinaire qui a juste pensé qu’il avait « une action à accomplir ».

 

L’Allemagne des années 30 est en pleine crise. Le faste des années 20 tant sur le plan intellectuel, culturel que économique n’est plus qu’un vieux souvenir et à la fin de 1932, plus de la moitié de la population active de Berlin est au chômage. C’est un terrain favorable à la montée de structures anti-démocratiques et antisémites. Tous les idéaux d’émancipation et de liberté sont remis en cause et attaqués. Les intellectuels et les artistes sont censurés et font l’objet de violence et de rejet. C’est dans ce contexte que le jeune journaliste américain Vivian Fry, correspondant pour le journal « The Living Age », arrive à Berlin en 1935. Cet amoureux des arts qui s’émerveille  de connaître « les plus grands auteurs et artistes d’Europe » est rattrapé par une réalité bien plus dure. Témoin de la barbarie des Nazis envers les Juifs, son enthousiasme se fane et, choqué, il commence à soutenir  les mouvements anti- nazi. C’est cinq ans plus tard qu’il crée le « Centre Américain de Secours », à Marseille.  A l’époque, cette ville en zone libre était perçue comme « la porte vers le monde » et en l’occurrence vers les Etats-Unis.

Vivian Fry est poussé par le sentiment qu’il a un rôle essentiel à jouer, et bien que n’en ayant absolument ni l’allure ni le tempérament, il s’emploie à sauver le plus possible des « grands » de la culture du siècle dernier. La recette de son efficacité, comme il la définit lui-même, est « une bonne dose de cynisme et d’ironie pour s’occuper de la misère humaine, une dose d’idéalisme, un peu de naïveté et surtout il faut être un vrai emmerdeur ». Un résistant à la façon de Schindler, qui suscite tout de même un questionnement : pourquoi n’avoir choisi que des artistes ou des intellectuels ? Est-ce que le fait d’avoir contribué à la survie d’artistes comme Marc Chagall, Max Ernst, de l’écrivain André Breton, du sculpteur Jacques Lipchitz et de bien d’autres encore doit susciter notre admiration ? Doit-on se satisfaire de l’analyse faite par Fry lui-même : « Si j’ai le moindre regret à propos du travail que nous avons fait, c’est que c’était si peu. Au total nous avons sauvé quelques deux mille personnes. Nous aurions dû en sauver bien d’avantage, mais nous avons fait ce que nous avons pu » ?

Même s’il est vrai, comme le dit Karel Sternberg, réfugié tchèque qui a travaillé au centre, qu’ « on mesure une action par ce qui a été accompli et non pas par ce qui n’a pas été fait » et  qu’il est évident qu’on ne peut pas sauver tout le monde, cet élitisme met un peu mal à l’aise. On ne peut s’empêcher de se demander : quelle chance aurait-eue le commun des mortels ?

« Ohne zu zögern – Varian Fry : Berlin / Marseille / New-York », Akademie der Künste de Berlin, du mardi au dimanche de 11h à 20h, jusqu’au 30/12.

 

Letizia Mariotti

                                                                                         








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Belair /// Freitag, 04-01-08 12:46

Ca donne envie de relire le Journal de Guerre/du Métèque de Jean Malaquais.

 
 

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