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« Voilà encore une « fille de » (Patrick Modiano, écrivain célèbre et auteur d’une vingtaine de romans) qui profite de sa notoriété ! » me direz-vous. « Peut-être » serait-on tenté de vous répondre. Si ce n’est que la musique a toujours été pour elle une évidence et que ce premier album est une vraie réussite. Alors pourquoi s’en priver quant on a du talent ! D’abord actrice (elle a été l’élève de la Royal Academy of Dramatic Art de Londres et a joué dans plusieurs long-métrages et pièces de théâtre), Marie Modiano nous offre aujourd’hui à 27 ans un premier album entre ballades acoustiques et univers onirique, teinté de folk, directement influencé par Bob Dylan et Johnny Cash, les héros de son enfance. La musique est servie par une voix envoûtante, racée et pleine de charme, qui ne tombe jamais dans le chuchotement ridicule, très à la mode ces derniers temps chez les chanteuses françaises. De quoi nous parle Marie Modiano ? D'une ancienne Miss Hawaï 58 qui contemple la mer ("Honolulu"), d'un petit cirque itinérant ("Ballad of the Lonesome Circus"), d’une jeune femme fatiguée d’avoir trop voyagé, d'amours enfuies… Bref, Marie Modiano nous prend par la main et nous fait parcourir son journal intime. Il faut dire que la jeune fille a toujours aimé voyager : L’Angleterre, la Chine, les Etats-Unis et même Berlin, où l’album a été enregistré. Et c’est d’ailleurs en anglais qu’elle nous livre ses chansons, un anglais simple, parfois susurré, fondu au coeur d’arrangements pop et jazz. Car côté musique, Grégoire Hetzel (compositeur de BO pour Desplechin, Amalric,…) signe quasi l'ensemble des compositions qui habillent les poèmes de la jeune femme. Des arrangements très discrets et forts bien agencés (sans oublier quelques notes de ukulélé et de guitares envolées) qui se marient à merveille à la voix âpre et fragile de Marie Modiano. C’est seule sur scène qu’elle nous présentera en exclusivité son album fraîchement sorti en Allemagne. Nicolas Jeanneté

 

www.mariemodiano.com « I’m not a Rose » dans les bacs en Allemagne depuis le 17 novembre (Naïve/Indigo) et en concert à l’occasion du Francophonic Festival (le 22 à Cologne, le 23 à Munich et le 24 à Berlin) www.francophonic-festival.de

 

Vous avez commencé une carrière d’actrice. Pourquoi la chanson aujourd’hui ?

 

Cette envie de chanter me colle à la peau. J’écris des textes depuis mon enfance et un jour, j’ai eu envie de montrer mon travail. Mes chansons sont des petites histoires ou des mini nouvelles, car j’aime les chansons sorties de l’imaginaire.

 

Pourquoi avoir choisi l’anglais ?

 

Quand où j’ai commencé à écrire mes premiers  textes,  je résidais en Angleterre et aux Etats-Unis. C’était donc tout naturel pour moi d’écrire dans la langue de Shakespeare. Et puis,

j’ai été beaucoup influencé par le folk, le blues et le jazz anglo-saxons. Alors, la musique a appelé la langue. Plus généralement, même si la langue française est riche et plus subtile, je pense qu’il est plus facile d’écrire dans une autre langue que sa langue maternelle. On se sent plus libre d’exprimer certaines choses. Il y a moins de pudeur que dans sa propre langue. Mais cela ne veut pas dire que mon prochain album ne comportera pas de chansons en français. J’y travaille.

 

Cette image de « fille de » vous colle à la peau. Ca vous gêne ?

 

Oui et non. C’est toujours un peu agacant et réducteur. Surtout quand on a beaucoup travaillé sur un projet. Mais c’est aussi un peu normal car le public a toujours besoin de repères et de faire des rapprochements ou des parallèles. De toute façon, je m’y attendais et je m’y étais préparée. Cela passera avec le temps.

 

Pourquoi avoir enregistré l’album à Berlin ?

 

Mon éditeur parisien m’avait parlé de studios à Berlin. Déjà, rien qu’à la découverte des photos, j’avais envie de m’imprégner de l’ambiance, qui correspondait exactement au style de l’album que j’avais envie de faire. Sans oublier les musiciens installés à Berlin, dont l’univers m’interessait.

 

Et depuis ?

 

J’y suis retourné souvent et m’y suis même attaché : je vais de plus en plus partager ma vie entre Paris et Berlin qui sont finalement deux villes tres différentes et complémentaires à la fois. Il y a une energie qui m’inspire beaucoup. Faire ces trois concerts en Allemagne m’excitent beaucoup. J’ai hâte et j’ai un trac fou !

 

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