
Une voix simple et touchante, un violon violent et émouvant, un piano qui sait prendre le temps et une guitare subtile… Depuis 2002, la « scène rock intimiste décalée » doit compter avec Mansfield Tya. Ce duo nantais composé de Carla Pallone au violon, piano et harmonium, et Julia Lanoë au chant, guitare et piano, fait partie de ces groupes dont il suffit d’entendre quelques accords pour en tomber amoureux. Julia Lanoë répond à nos questions.
Quel est l’origine du nom Mansfield Tya?
J’adore June Mansfield, la femme d’Henry Miller. On voulait lui rendre hommage. Mais comme Mansfield, c’était déjà pris, on a ajouté Tya, sans raison particulière, un peu au hasard, parce qu’on aimait bien la sonorité. Et puis c’est bien, ça fait un nom mystérieux.
Comment vous êtes-vous rencontrées?
J’étudiais aux beaux-arts avec Julia, la sœur de Carla, je faisais de la musique dans mon coin et un jour, Julia m’a dit d’écouter ce que faisait sa sœur. On s’est rencontrées et on a joué ensemble. Un jour, une copine dont l’association fait jouer des groupes émergents nous a proposé de faire un concert, alors on a écrit cinq-six morceaux. Le concert s’est très bien passé. Quelqu’un nous a repérées, nous a proposé un autre concert, et voilà. A l’époque, je ne jouais que de la guitare et de la basse. Mais un matin, je me suis réveillée en me disant que je savais jouer du piano, alors le jour même je m’en suis acheté un !
Vous jouez toutes les deux dans un autre groupe, c’est important d’explorer d’autres univers?
Oui. Carla a été au Conservatoire de baroque après avoir étudié le classique donc elle joue aussi dans des formations baroques, et moi je joue dans d’autres groupes, en permanente ou non, des groupes un peu fous, où on fait ce qu’on a baptisé de la « makina pute pour cascadeur ».
C’est-à-dire ?
La makina, c’est de la techno espagnole très rapide.
Quelles sont vos influences ?
Chez les Anglo-Saxons, j’écoute surtout de l’électro, des trucs assez violents, et Carla écoute surtout du classique. Et chez les Français, mes influences se comptent sur les doigts de la main : Programme, un groupe qui malheureusement n’existe plus, Les Béruriers Noirs, Gogol Premier et depuis peu, Dominique A. et Françoiz Breut.
Dans l’album « June », il y a un texte fort Pour oublier je dors où tu racontes l’histoire d’un meurtre passionnel. C’est inspiré d’un fait divers?
Tous nos morceaux sont inspirés de notre vie (rire). Disons, des fois on croit avoir vécu des choses, comme quand quelqu’un se réveille du coma et qu’il a l’impression d’avoir eu une vie parallèle pendant qu’il était inconscient. En l’occurrence, c’était quelque chose que j’avais envie de vivre…
Dans cette chanson, tu parles d’un livre qui sent le Calvin Klein?
C’était un livre de Victor Hugo que j’avais emmené en vacances et sur lequel ma bouteille de parfum s’était renversée !
C’est quoi vos prochains projets?
On travaille sur Fuck, qui est plus une parenthèse qu’un album : des titres live et d’autres qu’on avait enregistrés et qu’on n’avait pas sortis. Après on veut finir la tournée jusqu’en décembre. Ensuite, on espère se poser un peu et composer un nouvel album. On ne sait pas encore quelle tonalité il aura, mais on a déjà introduit une batterie sur scène, donc il y en aura certainement sur l’album, ce qui changera forcément l’ambiance. Et puis j’ai envie qu’on écrive plus de textes en français, et qu’on aille plus dans les extrêmes, qu’on creuse encore les silences, la violence, le minimalisme.
Propos recueillis par Céline Robinet
Les Mansfield Tya seront Munich (Monofaktur) le 23 novembre et à Berlin (Roter Salon) le 24 novembre 2006.
http//mansfieldtya.free.fr "June” dans les bacs depuis le 17 novembre (NRW Vertrieb/ Téona) et en concert à l’occasion du Francophonic Festival avec Marie Modiano www.francophonic-festival.de