

La luge, un jeu d’enfant ? En Bavière, il s’agit d’un véritable sport. Attention aux courbatures !
La période de transhumance a beau être passée depuis longtemps, il n’est pas rare, en hiver, d’entendre encore résonner les cloches. Mais sur les sentiers forestiers recouverts de neige, peu de chance de croiser une vache. On parle ici de cloches à ours. Celles que les aficionados de la luge accrochent à leurs engins pour éviter les collisions. Pas la simple luge que papa et fiston pratiquent le dimanche dans les parcs. La vraie, celle qui laisse des courbatures pendant trois jours, après des descentes de plusieurs kilomètres. Celle, en fait, installée au-delà de la frontière du loisir, dans les contrées du sport. Cessant de s’appeler « Schlitten » en allemand pour devenir « Rodel ».
Une luge qui compte de nombreux adeptes en Bavière, comme Mélanie Gobert, Française installée à Munich depuis plus de dix ans. « Ce sont des amis qui m’ont fait découvrir la luge, il y a quatre ans. Au début comme tout le monde, on est un peu kamikaze, on dévale les pentes à toute vitesse. Jusqu’au jour où se fait vraiment mal et qu’on prend conscience du danger. »
Comme le ski alpin, la luge possède ses pistes de couleurs : bleues, rouges ou noires, selon la difficulté. Il y a les engins de base, la typique luge en bois, posée très haute sur les patins (à louer au bas des pentes). Puis il y a celles, au fur et à mesure que le prix augmente (jusqu’à plus de 350 euros), qui se rapprochent des luges de compétition observées sur les pistes de bobsleigh. « Elle sont plus basses, plus confortables aussi, décrit Mélanie, qui a reçu l’une d’entre elles pour ses 30 ans. Les patins aussi sont légèrement inclinés ce qui offre une meilleure conduite. » C’est toute une technique aussi : chaque partie du corps influe sur la luge. Pour tourner, une main tire sur la corde fixée devant aux longerons, le pied opposé repose dans la neige tout comme l’autre main lancée sur le côté, tandis que le corps se penche pour déplacer le point de gravité. Ainsi, selon le niveau du lugeur, une piste de 3 km de long peut être dévalée entre 10 et 20 minutes.
L’équipement aussi est important. « Il faut un pantalon imperméable, décrit la Française, de bonnes lunettes de ski, des guêtres, des grosses chaussures de montagne bien serrées, bonnet, anorak et surtout des gants très épais, au cas où une luge vous passerez sur les doigts… » Une fois la panoplie rassemblée, à l’assaut des pistes spécialement dédiées aux luges ! Et elles ne manquent pas en Bavière. Elle a d’ailleurs sélectionné pour vous les meilleures pistes, annotée de ses remarques, véritables « Guide du routard » de la luge (1). Un bon moyen de mettre sous cloche les débutants qui souhaiteraient s’élancer tête la première, façon skeleton.
Notre correspondant à Munich, Julien Bels
(1) A consulter sur notre site : www.lagazettedeberlin.de
A voir : www.rodelfuehrer.de, www.rodeln.at.
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