Dans la nuit de lundi à mardi, Loriot, l'icône de l'humour allemand s'est éteinte «doucement dans son sommeil », peut-on lire sur son site internet. Christian Wulff, président de la République allemande, a aujourd'hui regretté la disparition de ce « fin observateur des faiblesses humaines ». « Nous avons apris avec lui à rire des situations les plus simples de la vie comme des plus difficiles. Nous avons admiré ses traits d'humour, son inépuisable fantaisie alliée à son flegme mondain. »
Né en 1923 à Brandebourg, près de Berlin, celui qui se nomme en réalité Vicco von Bülow part après son baccalauréat sur le front de l'Est, où il vit l'atrocité de la guerre. A son retour, il étudie les arts et commence bientôt à se produire, tant sur scène que par le dessin. Il prend alors Loriot pour nom de scène, nom français de l'oiseau qui figure sur les armes de sa famille, d'ascendance aristocratique.
Une simplicité presque austère
C'est à la télévision, sur la chaîne publique ARD, qu'il connaîtra son immense succès : dans les dessins animés qu'il réalise intégralement et dans les sketches où il joue, il croque tous les petits travers de la société de son temps, du discours politique incompréhensible au difficile dialogue de couple en passant par la contractuelle procédurière jusqu'à en perdre les pédales. La simplicité presque austère reste sa marque de fabrique, contrastant avec l'absurde des situations qu'il présente.
Sa mort laissera en Allemagne un vide comparable à celui qu'avait laissé dans la France des années 80 le départ de l'humoriste Coluche. Il est, lui aussi, de ceux qui ont su capter avec tant d'acuité l'esprit de leurs temps, et le restituer ensuite avec art et humour, nous armant face à la vie.