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 C´est dans les locaux du centre J enny de la Torre que les SDF peuvent recevoir des soins.
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Un centre de soins gratuits pour les démunis a ouvert ses portes à Berlin en septembre dernier. Quatre ans aprés sa création, la Fondation Jenny de la Torre s´adresse aux quelques 10 000 sans-abris de la ville.
Il est 10h au centre de soins pour sans-abri de la Pflügstrasse. Un homme sort de la salle de soins, une boîte de médicaments à la main et lance un cordial « Danke schön ». Derrière l’accueil, en blouse blanche, la fondatrice Jenny de la Torre s’affaire, finit de remplir quelques dossiers de patients et s’inquiète de l’avancée des travaux auprès des ouvriers. « Il reste quelques détails à régler » explique t-elle en jetant un regard de fierté sur les murs fraîchement peints. « Nous avons inauguré le centre en septembre, et même si tout n’est pas terminé, nous commençons à travailler car il y a une véritable urgence. Les sans-abri n’attendent pas »
Le centre est né de ce constat : l’accès aux soins est de plus en difficile pour les personnes aux faibles revenus. Car l’assurance-maladie est un des premiers postes de dépense que l’on sacrifie en cas de besoin, constate cette femme d’âge mur qui côtoie la misère depuis son enfance au Pérou. Et c’est par vocation qu’elle a embrassé la carrière de médecin, trente ans plus tôt, afin d’aider les plus pauvres. D’abord dans son pays natal puis par la suite à Berlin, où elle choisit de s’occuper des sans-abri.
En 2002, la Fondation Jenny de la Torre voit le jour mais ce n’est que quatre ans plus tard que le centre ouvre ses portes. « Nous ne payons pas de loyer, en échange d’une rénovation complète du bâtiment. Nous ne recevons pas un seul centime du gouvernement. Chaque objet est un don de personnes privées » tient-elle à ajouter en montrant la table de la cuisine où trois hommes barbus somnolent devant leur tasse de café.
Officiellement, le centre ne sert pas encore de petits-déjeuners, tout juste une soupe chaude le midi mais depuis trois mois, l’affluence grandit. « Nous recevons une cinquantaine de personnes par jour pour les repas et une quinzaine pour des soins. La majorité d’entre eux sont sans domicile fixe : ils ne peuvent pas payer les dix euros de frais médicaux trimestriels et n’ont aucune assurance maladie » explique le docteur qui prodigue soins, conseils et médicaments selon les cas. Mais parfois, une maladie de peau ou un simple rhume peuvent cacher des problèmes plus graves comme des pneumonies ou des troubles psychologiques. Ici, en plus de soins médicaux, les trois employés permanents et les nombreux bénévoles mettent donc à disposition des plus démunis des vêtements propres, une cuisine et une aide sociale afin de favoriser la réinsertion.
Si la plupart des patients sont des hommes (les femmes préfèrent en effet rejoindre des lieux d’accueil qui leur sont réservés), entre 30 et 50 ans environ, le docteur de la Torre constate avec désarroi l’arrivée d’une nouvelle catégorie de patients : les retraités, dernières victimes de la précarisation. « Ceux qui ont des retraites misérables de 300 euros par mois ne peuvent pas se payer une couverture santé» constate t-elle. « C’est dur à croire » ajoute une collègue dans le cabinet, « mais je comprends pourquoi. Mon assurance maladie me coûte à elle seule 230 euros par mois ! »
Aline Brachet
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