
Valentin : un clown oublié
Le Munichois Karl Valentin est à l’honneur au Martin-Gropius-Bau jusqu’au 21 avril. A travers un ensemble de photos, documents originaux, affiches de théâtre, projections de films, et d’accessoires lui ayant appartenus, l’exposition retrace le parcours d’un artiste à la fois comédien, cabaretiste, auteur et cinéaste.
C’est l’occasion de (re)découvrir, au-delà de l’homme doué d’un sens exceptionnel du spectacle et du burlesque, un interprète aux mille visages qui maîtrisa magnifiquement l’art du déguisement. Un homme au physique longiligne et osseux qui mit à profit ce corps singulier pour le faire devenir un moyen d’expression artistique. Karl Valentin a osé un style, inventé des centaines de personnages et a créé une comédie de l’absurde particulière. La richesse de son style et sa virtuosité ont eu une grande influence sur la culture allemande de son époque, suscitant l’admiration de grands comme Bertolt Brecht qui le considérait comme unique en son genre, allant même jusqu’à le qualifier de « plaisanterie vivante, mais une plaisanterie tout à fait compliquée, avec laquelle on ne plaisante pas ! ».
La montée du nazisme signera la fin de ce Charlie Chaplin allemand qui triompha dans l’entre-deux guerre. Il tentera vainement de remonter les rampes de la gloire avant de mourir pauvre et presque totalement oublié en 1948 à l’âge de 66 ans.
« Karl Valentin – Filmpionier und Medienhandwerker », jusqu’au 21 avril, Martin-Gropius-Bau, Niederkirchnerstr. 7 – Berlin, du mercredi au lundi de 10h à 20h.
Letizia Mariotti