
Vite repérés au vu de leur potentiel scénique, nés dans le creuset de l’indé français, les Rennais de Bikini Machine sortent Daily Music Cookin’ en octobre 2006, et la France redécouvre les joies du jerk et des danses contorsionnistes, avec ce subtil mélange de riffs sixties et de sons d’aujourd’hui. Les tournées s’enchaînent, tous goûtent au cocktail étonnant de « faire du vieux avec du neuf », et dans l’enthousiasme et l’énergie de leurs concerts, tous rechaussent leurs beatles-boots. Pressage allemand en poche et fort du succès français, ils débarquent désormais Outre-Rhin avec la réputation de groupe à suivre. On se sent pris par les jambes puis par le corps tout entier, sûr que les influences des meilleurs des 60’s, de Dutronc aux Kinks, font partie des petits bagages que les Bikini Machine emporteront avec eux en Allemagne, alors venez nombreux déballer les valises !!
En quelques mots, l’histoire de Bikini Machine ?
Le groupe s’est formé sur les cendres d’un autre groupe de Rennes, les Skippies, qui avait sorti 2 albums dans les années 90. Quand le groupe a arrêté, trois membres ont continué à jouer ensemble, comme ça, pour le plaisir de jouer. Et puis par hasard, un programmateur des Transmusicales est tombé sur nous et nous a offert une scène. On a fait appel à deux copains, on a créé une sorte de tambouille pour cette occasion. Et voilà, on a continué ! En résumé…
Ta définition du « vintage » ?
Nous, on aime tout ce qui vient des 60’s, les films, la musique bien sûr, les instruments, les habits. Mais on n’a pas envie de vivre dans le passé, pas du tout. Le but, c’est d’utiliser les outils actuels, ce qui s’offre à nous. On n’est pas du tout dans un truc revival ou nostalgique.
Vous n’auriez pas eu envie de vivre dans les années 60 alors ?
Ça dépend pour quoi ! Je n’aurais pas du tout aimé vivre sous De Gaulle ou Pompidou. On ne retient que les bonnes choses de cette époque, mais on n’est pas dupe. Il y a beaucoup de choses qu’on ne peut pas du tout regretter…
Dans ce 2e album, vous chantez en français. C’est un moyen de rendre hommage à une autre grande influence, la chanson française à la Gainsbourg ?
C’est sûr que c’est une influence majeure. Il y a quelques années, on a fait un album de reprises de Dutronc. Encore une fois, ce qui nous plait le plus même dans ce domaine, ce sont les chanteurs des années 60 et 70, et parmi eux ceux qui ont été très influencés par la musique anglo-saxonne. Actuellement, il n’y a pas grand monde qui nous plaise, à part Katerine bien sûr, Dominique A. Mais ça reste restreint.
Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?
Vraiment plein de choses. On aime beaucoup de groupes différents, mais ils exercent une influence bien moindre sur ce qu’on fait. Nos goûts sont très éclectiques, nous sommes cinq, et personne n’écoute exactement la même chose. Ce aboutirait vraiment à n’importe quoi si on essayait de réunir tous ces goûts, une sélection inconsciente se fait. Mais on prend ce dont on a envie de la musique actuelle, en particulier des bribes d’électro. Encore une fois, nous ne sommes pas des passéistes !
Vous sentez que le groupe décolle ?
Il y a un intérêt médiatique qui devient de plus en plus fort. Mais on ne se fait pas d’illusions : on reste à un niveau très confidentiel. On est sur un petit label, et l’industrie musicale en France est plutôt morne… Face aux grands distributeurs, comme la FNAC, il faut livrer un combat permanent pour se faire connaître, c’est vraiment difficile. Mais bon, on est content de ce qui nous arrive. On avait déjà eu un succès d’estime avec les Skippies, avec des critiques dithyrambiques. Si on veut changer de niveau, je pense qu’il faut être signé dans une maison de disques bien plus importante. L’avantage de notre label, c’est une liberté artistique entière. On fait la promotion du dernier album jusqu’en avril, on verra après…
L’Allemagne, ça vous évoque quoi ?
On a joué deux fois ici déjà, ça s’était très bien passé. Je dois dire que ça nous a conforté dans nos préjugés, la bière, tout ça ! Non sérieusement, ça fait plaisir de voir qu’il y a des gens intéressés par notre musique. Ce qui est étrange, c’est que ce sont nos chansons en français, notamment les reprises de Dutronc, qui ont plu ici, alors qu’on pensait que chanter en anglais représentait un avantage à l’étranger.
Pour finir, Beatles ou Rolling Stones ?
Les deux bien sûr ! J’aime tout des Beatles, surtout l’album blanc s’il faut en choisir un.
Présentation de Claude Ollivier, propos recueillis par Aurore Peyroles
1er Mars – Berlin – Roter Salon
2 Mars – Munich – Ampere
3 Mars – Wiesbaden – Schlachthof
>> Carla Bruni, en anglais dans le texte