Avec son tube Fire on the Mountain, l’artiste nigérienne redonne espoir en la musique aux allures pacifistes de Bob Marley. Ses titres parlent au peuple. Sa foi en la musique lui aura permis d’enfin réaliser son rêve. En signant avec le label français Naïve, Asa se sent enfin libre dans ses compositions. Ils lui ont fait confiance et ils ont eu raison !
Qu’est-ce qui vous a aidé à réaliser votre rêve : maturité, force, espoir ?
Je pense que c´est tout cela. Mais c´est surtout de la patience, de l´espoir. Je me disais que quelque chose de bien m´attendait. L´amour et les prières m´ont également beaucoup aidé à avoir la force d´y arriver.
Quels messages souhaitez vous passer à travers vos chansons ? De l’espoir ?
Je souhaite transmettre un message positif, d´espoir. Je parle de la guerre dans le monde qui ne devrait plus exister, de choses qui ne fonctionnent pas. J´en parle même s´il n´y a encore pas de solutions.
Vous semblez être intéressée, impliquée dans les problèmes du monde. Vous essayez de faire prendre conscience qu’ils existent au travers de vos textes ?
Oui… Mais en même temps, il n´y a rien de neuf. Ces problèmes, ça fait longtemps que l´on connaît leur existence. Je dirais que mes chansons abordent plus des sujets qui m´affectent personnellement. Je veux faire partie de ce qu´il se passe dans le monde et peut-être rappeler à ceux qui auraient justement oublier ce qu´il se passe.
N’est-il pas difficile parfois pour vous de rester positive et optimiste pour les autres ?
(Hésitation). Les personnes qui veulent être positives, peu de personnes les écoutent. Elles préfèrent prendre le la drogue et de l´alcool, enfreindre les règles. Donc c´est parfois difficile mais pas plus que ça. On a besoin d´espoir.
Où puisez vous toute cette force et ce courage dont vous faîtes preuve ? Est-ce la foi ?
Oui. J´en parle dans mes chansons, c´est important pour moi.
Si vous aviez un vœu à faire, quel serait-t-il ? Serait-il pour vous et votre carrière de chanteuse, votre famille, le monde ?
(Hésitation). Je ne sais vraiment pas. Un seul vœu ? C´est trop difficile. Je vous répondrai à la fin de l´interview, après y avoir réfléchi ! (Rires)
Vous semblez être quelqu'un de très simple, les pieds sur terre. Parvenez-vous à vous habituer à cette nouvelle vie pailletée qui commence tout juste pour vous ?
Vous savez, j´ai des enfants et je veux donc rester simple. Cependant, je suis dans une industrie de compétition, c´est difficile dans ce métier. Mais je préfèrerais pouvoir décider de tout. Mais tant que vous connaissez les règles, le tout est de savoir contrôler et combiner ces deux vies.
Vous considérez vous comme une femme indépendante ?
Oui, alors que je grandissais, rencontrais des nouvelles personnes, je savais que je pouvais avancer, seule. Je suis surtout indépendante en terme de décision (dans mon jeunesse, dans ma musique, mes choix).
Vous avez signé avec un label français. Pourquoi ?
Vous savez, on se base toujours sur la taille la maison de disque et de sa popularité. J´ai préféré signer avec un petit label. Je voulais lui donner une chance. Naïve ne m´offrait pas des millions mais je pouvais être moi-même. C´était surprenant d´être aussi libre, vraie. Au Nigeria, on me disait tout le temps « Fais ce que l´on te dit. Chante ce que l´on te demande de chanter ! ». Je devais partir. Aujourd´hui, j´ai de la chance.
Et aimeriez-vous sortir un album en français un jour ?
Oui, bien sûr mais seulement une fois que j´aurai appris la langue ! (Rires)
Alors, nous arrivons à la fin de l´interview. Revenons-en à la question du vœu ! Vous avez trouvé ?
Je n´ai toujours droit qu´à un seul vœu ? Deux au moins ! (Rires)
Très bien ! Deux ! Je vous en accorde un autre ! (Rires)
(Rires). Je souhaite que les actions de Bob Marley et Nelson Mandela aient servi à quelque chose, quelles aient changé les choses, apporté une contribution. Mon second souhait serait que le monde cesse sa folie.
Propos recueillis par Joyce Bacqueyrisses
* Concerts : le 14/04/08 à Paris (Le Bataclan)

