État des lieux en FranceL’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanie (OFDT) vient de publier une étude sur la consommation de drogues en France. Petit tour d’horizon de la consommation et des modes d’usages en 2010/2011.
Consommation
• En 2010, l’expérimentation du cannabis concernait environ un tiers (32,8 %) des adultes de 18 à 64 ans. La consommation régulière, nettement moins fréquente, s’élevait à 2,1 % (3,4 % chez les hommes et 0,9 % chez les femmes), cette proportion s’avérant stable entre 2005 et 2010.Mais on note une hausse de l’expérimentation "mécanique" liée à un effet de stock des générations anciennes de fumeurs.
Fin 2000, les statistiques annonçaient que le nombre de décès liés à des accidents de la route (sous emprise du cannabis) atteignait 175 à 190.
• Le nombre de consommateurs de cocaïne entre 2005 et 2010 est passé de 250 000 à 400 000. Malgré tout, on observe pour la première fois depuis ces dernières années une baisse de l’expérimentation de cocaïne du à la dégradation du rapport qualité-prix de cette drogue. De la même manière, l’aura "festive" et "inoffensive" de ce produit se perd.
• L’expérimentation d’héroïne quant à elle est en hausse. On note un passage de 0,8% à 1,2% de consommateurs. On dénombre 365 décès par surdose pour l’an passé et 39 morts par SIDA chez les usagers de drogues par injection. Parmi les consommateurs de drogues par voies intraveineuses 7,2% contractent le VIH et 36,4% à 47% l’hépatite C, selon les estimations de l’OFDT. Par ailleurs on constate que 40% des personnes prises en charge pour usage d’héroïne l’on été pour des problèmes psychiatriques.
Évolution des modes d’usage et diffusion
On constate une diversification croissante des populations usagères de drogues. Par exemple, la diffusion de cocaïne ne se pratique plus exclusivement dans les milieux dits festifs. Elle atteint maintenant même les quartiers populaires et les banlieues. Même phénomène pour l’héroïne : elle se propage aujourd’hui au sein de groupes de population plus variés, notamment chez les jeunes, le milieu de la fête et les populations très insérées socialement. Depuis 1999 tous les sites interrogés s’accordent sur le fait que la disponibilité et l’accessibilité de l’héroïne brune est en hausse. On peut donc se la procurer autant dans les petites villes de province et les zones rurales, et non plus uniquement dans les grandes agglomérations.
Les drogues font l’objet de rapports chaque année et l’on s’inquiète de la progression de celle-ci dans toutes les milieux sociaux professionnels. Mais on ne parle que trop rarement des méfaits de l’alcool et du tabacs, qui n’en restent pas moins des addictions et comptent respectivement 33 000 et 60 000 morts par an.
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