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Garagiste français à Berlin

   22.05.2013 
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Compte tenu de la succession d'échecs récents de l'OM, le stade vélodrome ne devrait pas attirer le 28 mars la foule des grands jours. (photo: fredGLLS)

Marseille – Munich, c’est certes un quart-de-finale de Ligue des champions qui se joue le soir du 28 mars au Stade Vélodrome (match retour le 4 avril). Mais cette confrontation, inédite jusque-là, est aussi la rencontre de deux clubs, de deux villes qui ont finalement beaucoup en commun. Entre le « Bayern du Sud » et le plus méridional des clubs allemands, c’est finalement une réunion de famille entre deux cousins. Germains évidemment.

 

 




Munich : les toits de la capitale bavaroise se détachent sur les Alpes. Plus qu'ailleurs en Allemagne le climat continental assure à Munich des ciels clairs et des été chauds. Quant à la mer si elle n'est pas au bout de la Maximilienstaße, comme elle est au bout de la Cannebière, il suffit de sauter les Alpes (quelques heures) pour se baigner dans l'Adriatique (photo : Der München Blog)

On dirait le Sud

 

Ciel bleu, soleil et qualité de vie. Bienvenue aux pieds des Alpes. Bienvenue à Munich, la provençale. La formule peut faire sourire, interloquer, il n’en reste pas moins que Munich est la grande ville la plus méridionale d’Allemagne et que la capitale bavaroise est réputée pour son climat relativement doux et son ciel dégagé. On est loin donc de cette marche septentrionale au ciel gris et bas que beaucoup associent souvent à l’Allemagne (voir en France aux régions situées Nord de la Loire). Certes, le Starnberger See n’est pas la Méditerranée, mais à Munich, comme à Marseille, on est du Sud. Et on en est fier !

 

Tout comme un Marseillais muté à Paris se sent puni, exilé, le Munichois ne quitte sa Bavière natale qu’à contrecœur. Car en Bavière, comme en Provence, il y a cet attachement, cet enracinement dans le Sud et ce rapport compliqué à la capitale nationale, à ce Nord jugé austère et terne. Cette identité forte qui fait qu’on se déclare Bavarois ou Provençal, et ces accents forts, revendiqués, identitaires. Marseille et Munich, ce sont aussi des villes de taille comparable (1,5 million pour l’agglomération de Marseille, 1,3 million pour celle de Munich).

 

 




Marseille : vue du Vieux port, au fond ce ne sont pas les alpes qui apparaissent, mais les sèches collines recouverte de l'aride garrigue méditerranéenne (photo : Jean-Pierre Dalbera)

Des villes sœurs donc, mais deux sœurs aux parcours divers. Si Munich est l’une des villes où le PIB par habitant est l’un des plus élevés d’Europe (53 073€ annuel) et que son taux de chômage oscille autour de 5%, Marseille fait figure de mauvais élève avec 18,23 % de taux de chômage (bien au-dessus de la moyenne nationale de 11 ,1%). Dans la famille méridionale, Munich serait l’ainée qui aurait réussi et Marseille la fille prodigue.

 

A Marseille comme à Munich la religion, c’est le foot. Difficile de dissocier Marseille de son Olympique et Munich de son Bayern. Munich 1860, l’autre club de la ville est très populaire mais il n’a pas l’aura internationale de son rival honni.

 



L’Olympique Marseille et le Bayern de Munich sont de loin les clubs les plus populaires dans leur pays respectif. Une ferveur qui dépasse bien les simples frontières de la région PACA (Provence-Alpes-Côte-D’azur) et de la Bavière. Selon un sondage "Sportive" de 2010, 9 millions de personne en France se déclarent fans de L’OM. En Allemagne, le Bayern compte le plus grand nombre de fans clubs (2.952 fans clubs regroupant 204.235 membres recensés en 2011).

 

 



Pourtant, malgré un engouement comparable, l’armoire à trophées n’est pas aussi bien garnie du côté marseillais : seulement 9 titres de champion de France pour Marseille contre 21 Meisterschaale* du côté bavarois. Marseille n’est « que » le 2e club le plus titré en France derrière Saint-Etienne et ses dix titres. Le Bayern Munich est lui loin devant les autres clubs allemands : le Borussia Mönchengladbach arrive en deuxième position avec seulement cinq championnats glanés.

 

La comparaison n’a presque plus lieu d’être quand on évoque les trophées continentaux : le Bayern a remporté quatre C1, une C2 et une C3. L’OM de son côté n’a remporté qu’une seule C1, en 1993.

 

 




Détail du stade Alianz Arena de Munich ou se déroulera le match retour le 4 avril 2012 (photo : Cristiano Corsini)

FC Hollywood VS « Bayern du Sud »

 

Comme son homologue marseillais, le Bayern traîne derrière lui une réputation de club tumultueux, qui fait aussi bien parler de lui sur le terrain qu’en dehors. Portes qui claquent, entraîneurs qui craquent et joueurs qui se braquent. Cette propension à fournir aux tabloïds allemands du grain à moudre a valu au club munichois le surnom de « FC Hollywood ». Pourtant, cette agitation ponctuelle n’a jamais nuit sur le long terme, et le Bayern Munich aligne les titres avec la régularité d’un métronome (7 titres de champions depuis l’an 2000).

 

A Marseille aussi, on est habitué au vaudeville et à la valse des entraîneurs. L’état de crise, par définition passager, semble être la norme du côté de la cité phocéenne, entrecoupé parfois de moments d’accalmie jamais très longs. Pendant que le Bayern aligne les titres, l’OM aligne les présidents et les entraîneurs (5 présidents et 17 entraîneurs depuis 2000) alors que les titres se font attendre. En remportant la Coupe de la Ligue en 2010, Marseille a ainsi mis fin à une disette qui durait depuis 1992. Plus qu’une éternité du côté du Vieux-Port, où l’attente du public est énorme.

 

Car le Bayern Munich a su, malgré des épisodes dignes d’un drame hollywoodien, mettre en place un système qui pérennise une véritable « culture club ». D’illustres anciens joueurs comme Karl-Heinz Rummenige, Uli Hoeness et Franz Beckenbauer siègent depuis de nombreuses années au Conseil d’administration, perpétuant le mythe du Grand Bayern. Tout sauf un hasard si l’homme d’affaire franco-suisse Robert-Louis Dreyfus avait déclaré lors du rachat de l’OM en 1996 vouloir faire du club marseillais « le Bayern du Sud ». Un désir resté pour l’instant un vœu pieux.

 

 




Stade vélodrome Marseille : le lieu du drame le 28 mars (photo : T1o.jpg)

Passé marseillais, futur munichois

 

Le 4 avril 2012, les deux clubs croiseront le fer pour à l’occasion du match retour. Cette fois-ci, sur la pelouse de l’Allianz Arena, l’antre du Bayern Munich. C’est dans ce stade que se jouera cette année la finale de la plus prestigieuse compétition européenne. Côté bavarois, on se verrait bien soulever la coupe aux grandes oreilles devant son propre public.

 

L’Olympique de Marseille a déjà goûté aux joies de remporter une Coupe d’Europe à Munich. C’était à L’Olympiastadion, en 1993. « A jamais les premiers » comme aiment à le rappeler les supporteurs marseillais. En effet, Marseille reste le premier, mais toujours le seul club français à s’être imposé en Ligue des Champions.

 

Julien Heitz

27.03.2012

 

* Meisterschaale : la coupe de champion d'Allemagne


Le Bayern a déjà un pied en demi

 

Malgré la Bonne Mère, le miracle n’a pas eu lieu. Mercredi 28 mars 2012, Le Bayern de Munich s’est imposé 2-0 au stade Vélodrome. Une victoire logique à la vue des états de forme affichés cette saison par les deux équipes. Pourtant, les Marseillais peuvent nourrir des regrets, car les Munichois n’étaient pas dans un grand soir. Les joueurs du Bayern se sont finalement contentés de faire le métier grâce à des buts de Gomez et de Robben. Le match retour qui se jouera le 3 avril 2012 s’annonce déjà comme une simple formalité pour les coéquipiers de Ribéry. Côté Marseillais, la fin de saison va sans doute ressembler à un long chemin de croix pour les joueurs de Didier Deschamps. A moins qu’une résurrection n’opère. Après tout, la période s’y prête plutôt bien…








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